Alors que le pire de la crise semble surmonté, avec des cotations qui remontent enfin au cadran de Plérin, la filière porcine est confrontée à ses divisions. Guillaume Roué, président d’Inaporc, a vivement critiqué le départ de la Fict lors de l’assemblée générale, le 28 juin 2016 à Paris. « La pire des choses serait de tailler dans les budgets », lance-t-il et au passage de fragiliser les dossiers en cours (communication, étiquetage, export, sanitaire…) Mais « nous allons travailler » au retour de la Fict, a-t-il assuré.

 

Outre les divisions internes, l’assemblée générale a également permis de faire le point sur quelques sujets d’actualité. Pas d’avancées sur le fonds porcin, un sujet dont l’interprofession ne se mêle pas au vu de l’absence de consensus entre ses membres. En revanche, la filière peut se féliciter d’un succès, celui de la campagne « Le porc français ». Le nouveau logo est visible, bien identifié par les consommateurs. Espérons qu’il contribuera à soutenir la production nationale, qui a reculé de 2,5 % en 2015 par rapport à 2014.

L’étiquetage ne fait pas consensus

 

Pour ce qui est de l’étiquetage de l’origine des viandes, deux invités se sont chargés de doucher l’optimisme français sur le sujet. Pour Francis Kint, directeur du groupe néerlandais Vion, et Jörg Altemeier, un responsable du groupe allemand Tönnies, la mention du pays d’origine des viandes aurait peu de chances d’aboutir au niveau de l’Union européenne.

 

Cette demande n’est « pas comprise » dans les pays d’Europe du Nord, où c’est le bien-être animal qui constitue la priorité des consommateurs, explique Francis Kint. Néanmoins, Jörg Altemeier raisonne de façon pragmatique : « Nous devons tenir compte des différents besoins. Chaque pays européen a ses besoins spécifiques sur le bien-être, l’origine, les aliments… »

« La Chine a aspiré les surplus européens »

 

Un point commun en revanche, la baisse structurelle de la consommation de viandes (-11 kg/habitant en 25 ans en France) oblige tous les opérateurs européens à chercher de nouveaux débouchés à l’exportation. Et si la réouverture de la Russie reste lettre morte, avec néanmoins un espoir pour le gras, les pays d’Asie sont prometteurs. En particulier la Chine, qui « a aspiré les surplus européens et américains en quatre cinq mois », observe Thierry Meyer, directeur chez Bigard.

 

Pour autant, les industriels ne s’emballent pas. « La Chine est un débouché très important pour les 10 ans à venir, il faut y aller », souligne Jörg Altemeier. Du moins tant que le pays n’est pas autosuffisant en porc et qu’il n’a pas résolu ses problèmes importants en termes de statut sanitaire. Et il n’y a pas besoin d’arbitrer entre les débouchés européen et chinois, puisque ce ne sont pas les mêmes pièces qui sont demandées. Ainsi, les pattes et les oreilles, un coproduit ici, représentent des mets appréciés là-bas.