Selon la nature des matières azotées qu’il contient, un correcteur est plus ou moins adapté à la ration distribuée aux bovins. Lors de l’achat, il convient donc de regarder son prix, mais surtout son efficacité et sa rentabilité. Les matières premières contenues dans l’aliment offrent une bonne indication, à condition de lire les informations obligatoires de l’étiquette (composition, analyses chimiques, additifs).

Les matières premières sont classées par ordre décroissant de présence : la première de la liste est celle en quantité la plus importante.

Les analyses donnent le taux de cellulose brute (CB) global. Le taux de CB du soja est d’environ 6 %, celui du colza de 12 % et celui du tournesol (moins lactogène que soja ou colza) de 21 %. Plus le CB total est proche de 6 %, plus la part de soja dans l’aliment est donc élevée.

Pour des valeurs plus élevées, le taux de CB doit être croisé avec le taux de matières azotées totales (MAT). Le soja est plus riche en matières azotées que le colza, lui-même plus que le tournesol. Un aliment qui combine un taux de CB élevé (donc une proportion importante de tournesol) et une valeur des MAT élevée, contient beaucoup d’urée au détriment des « protéines vraies », plus coûteuses. Or, ce sont elles les précurseurs des acides aminés indispensables à la synthèse du lait. Le compromis entre « protéines vraies » et azote non protéique (ANP : urée, vinasses…) dépend de la ration. Avec une base maïs ensilage, déficitaire en azote, les apports d’ANP sont fondamentaux pour l’activité des bactéries du rumen, dans la limite de 30 g d’urée par 100 kg de poids vif. Avec 4 kg d’un aliment à 3,5 % d’urée, on apporte déjà 140 g d’urée pure… Un aliment contenant 2-2,5 % d’urée est un bon compromis, même si une ration à base de maïs riche en amidon et une valeur UFL élevée peut en supporter jusqu’à 3-4 %. Dans une ration à base d’herbe (en vert, ensilée ou fanée), on privilégiera des correcteurs à 1 à 2 % d’urée maximum, ou des tourteaux semi-tannés. L’excès d’azote dégradable n’est pas valorisé, voire néfaste.

Il est possible de calculer la « protéine vraie » du correcteur en s’appuyant sur la valeur des MAT et celle des ANP (voir l’encadré).

Vérifiez les substances tannantes, sachant que toutes ne sont pas indiquées comme telles.