«Pour offrir de l’ombre à nos volailles, nous n’avons pas eu besoin de planter des arbres. En 2016, nous avons loué des serres recouvertes de panneaux photovoltaïques, sous lesquelles nous avons installé les parcours. Cet été, l’ombrage a réduit la température et diminué les pertes. Avec les mêmes mises en place, nous aurons davantage de chapons à vendre », constate Patrice Ey, installé avec sa femme Coraline à Saint-Estève et à Torreilles (Pyrénées-Orientales).

À Saint-Estève, en zone périurbaine, le couple produit sur 2 ha des fruits et légumes vendus à la ferme. À 25 km de là, à Torreilles, il cultive des vignes et des céréales sur 30 ha, et loue 27 ha équipés de 68 serres photovoltaïques. 20 serres abritent des légumes, les 48 autres sont consacrées à l’élevage. Huit cabanes déplaçables de 90 m² et quatre de 60 m² accueillent des bandes de 1 000 poulets ou pintades, et de 600 chapons, poulardes ou oies. Chaque cabane dispose de 7 000 à 10 000 m² de parcours, couverts en partie par quatre serres. Les volailles profitent du soleil en hiver et de l’ombre en été. Des filets vont relier les toitures des serres pour assurer la biosécurité de l’élevage. Ce qui, en période de grippe aviaire, prend d’autant plus d’importance.

L’investisseur, qui a acheté le foncier et construit les serres, a posé un grillage de 2,50 m de haut autour des parcours. Il a aussi équipé le site de caméras de surveillance, limitant les risques de vol. La vente d’électricité devrait rémunérer ces investissements. Patrice et Coraline bénéficient d’un prêt à usage avec un loyer très modéré. « C’est une formule précaire. En cas de problème, nous avons une solution de repli sur nos terres. »

Patrice prévoyait d’aménager les bâtiments sous les serres, mais l’investisseur a refusé car le dégagement d’ammoniac risquait d’endommager les panneaux. Il a donc fallu investir 180 000 € dans les cabanes. « Nous les avons positionnées en bordure de serre, avec deux plateformes aménagées pour pouvoir les déplacer de l’une à l’autre et faire un vide sanitaire. » En 2017, le couple investira 60 000 € pour automatiser l’alimentation. Le temps de travail devrait diminuer de 25 h/semaine. Ils sont déjà équipés d’une pailleuse, pour un gain de 4 h/semaine. « Nous allons passer en bio, et nous voulons réduire les coûts pour nous positionner à un prix accessible », affirme Patrice. Il prévoit aussi de cultiver une partie de l’alimentation sur ses 30 ha.

PRODUIRE 12 MOIS SUR 12

L’objectif est de produire 12 mois sur 12. « Nous commercialisons une partie des volailles en vente directe, et l’autre par un volailler qui gère l’abattage et la livraison à des bouchers et restaurateurs. En huit mois, nous sommes passés de 100 à 200 volailles par semaine. Avec le même équipement, nous pouvons monter jusqu’à 700. Il y a une demande croissante de volailles produites localement. »