En France, la part des cheptels de bovins viande conduits en agriculture biologique (AB) ne cesse de progresser depuis dix ans. D’après l’Agence bio, 211 915 vaches allaitantes sont certifiées ou en cours de conversion en 2019, soit 5 % des effectifs de cette catégorie.

Plus largement, les initiatives pour le développement de l’AB se multiplient, à l’instar de la récente stratégie « de la ferme à la table » de la Commission européenne. Elle vise à consacrer un quart des terres agricoles à la production bio. En parallèle, les débats sur les impacts environnementaux et sur la compétition feed-food renforcent l’intérêt pour des systèmes d’élevage herbagers autonomes. En bio, le prix élevé des concentrés incite d’autant plus les éleveurs à privilégier les ressources produites sur l’exploitation.

Assurer une finition de ses animaux à moindre coût et dans le respect du cahier des charges AB présente un défi de taille. Une gestion rigoureuse de l’herbe, pâturée ou récoltée, constitue un premier pas de réussite à l’engraissement. C’est la stratégie de Jérôme Maugeais, éleveur dans le Maine-et-Loire (lire page 36). Selon Julien Fortin, responsable de la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou, « au pâturage, les besoins des animaux sur un temps donné doivent être mis en adéquation avec le potentiel des prairies. Pour les fourrages, tout l’enjeu réside dans le juste compromis entre apports énergétiques et protéiques. » Mais avec des carcasses de plus en plus lourdes, les durées de finition ont tendance à s’allonger (lire pages 37 et 38). Afin d’améliorer l’efficience alimentaire des bovins, plusieurs instituts de recherche et techniques se penchent sur le croisement avec la race angus (lire page 39), à la recherche d’une meilleure précocité. Lucie Pouchard

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Bovins bio : BOVINS BIO Des pistes pour réussir l’engraissement Des pistes pour réussir l’engraissement