«Nous nous sommes associés en 1994 et le temps de travail a toujours été un objectif fort ici. L’un comme l’autre, nous voulions disposer de temps libre pour nos vies de famille, mais également avoir le temps de travailler correctement », témoignent Jean-François Cognée et Patrick Drouin. Installés sur 178 ha à Andard (Maine-et-Loire), les deux éleveurs produisent près de 760 000 l de lait par an, tout en contenant à 3 h 50 par jour le temps passé aux travaux d’astreinte. Ce temps a été mesuré en chronométrant toutes les tâches d’astreinte chaque jour pendant une semaine. Les associés ont fait le décompte quotidien et leur technicien d’Élevage conseil 49, François Battais, a extrapolé sur douze mois. La moyenne est de 20 h/UGB/an. Un niveau rendu possible grâce « aux deux robots de traite, mais également aux efforts précédemment portés sur l’agencement des bâtiments et l’organisation du travail ».

Les 90 vaches et les 40 génisses sont logées dans la même stabulation. Construite en 1983, agrandie lors de la mise aux normes en 2002, « elle est aménagée de façon très fonctionnelle, avec les vaches d’un côté du couloir d’alimentation, et les génisses de l’autre », soulignent Jean-François et Patrick. En 2005, ils ont déménagé la salle de traite pour l’installer dans ce bâtiment. En 2017, ils y ont accolé la nurserie. Compact, l’ensemble limite les déplacements et permet aux associés de travailler à proximité. « Le matin, l’un de nous gère l’alimentation, le raclage et le paillage, pendant que l’autre s’occupe du robot, nettoie les logettes et soigne les veaux. »

Pour éviter toute lassitude, ils échangent ces travaux d’astreinte chaque semaine, avec passage de relais le lundi soir. « C’est une habitude que nous avions prise avant l’arrivée des robots et que nous avons maintenue par la suite. À l’époque, nous nous étions aperçus qu’en raison de la traite, nous n’avions pas le temps d’échanger correctement les informations le lundi matin. » Dans le même esprit, l’associé qui détecte un problème pendant les travaux d’astreinte le note mais ne s’arrête pas dans sa tâche. « L’idée, c’est de ne pas se laisser désorganiser », résument-ils.

Deux robots de traite

Le premier robot de traite est arrivé en 2009. « Nous l’avons revendu trois ans plus tard pour en acheter deux nouveaux », précise Patrick. Le cheptel compte alors 62 vaches présentes, soit 56 traites, et les associés ne veulent pas saturer l’outil. « Les fabricants donnent comme repère un robot pour 60-65 vaches. Mais à ce niveau, il y a toujours une dizaine d’animaux qu’il faut pousser, et c’est autant de temps à passer. Avec des robots non saturés, on se dégage du temps pour s’occuper des animaux qui en ont besoin. » Arrivé en 2015, le robot repousse-fourrage a lui aussi permis de réduire le temps d’astreinte « de vingt minutes par jour ».