«Depuis cette année, nous sommes dans l’obligation de produire du lait non OGM, à la demande de notre laiterie. Mais de cette contrainte, nous avons fait un atout : nous valorisons mieux les surfaces d’intérêt écologique (SIE), explique Pierre-Paul Gérardy, à la tête de 50 prim’holsteins avec son épouse Edith. Désormais, nous y produisons du trèfle violet et de la luzerne, afin de renforcer notre autonomie protéique. Par ailleurs, pour accroître notre autonomie alimentaire, la surface pâturée est passée de 10 à 14 ha. »

L’EARL de la Ceriseraie livre 400 000 l de lait à une petite coopérative de collecte de 88 producteurs du nord de la Moselle, la Freiwald. Cette dernière revend l’ensemble des volumes à la Hochwald, une coopérative allemande. Il y a deux ans, pour faire face à une demande croissante des consommateurs allemands, la Hochwald impose que la totalité du lait qu’elle achète à la Freiwald passe en « non OGM ». Les adhérents en sont officiellement informés à l’automne 2016. « Le consommateur allemand achète un concept, souligne Pierre-Paul. En effet, s’il existe bien des analyses pour détecter des traces d’OGM dans les aliments pour animaux, il n’en existe aucune pour le lait. Nous, les producteurs, avons signé une charte qui encadre cette production. Tout le système repose sur la confiance. » La période de conversion est de trois mois. L’EARL de la Ceriseraie est « officiellement » productrice de lait non OGM depuis le 1er octobre 2017.

Surprime de 7,5 €/1 000 l

La ration des vaches se compose de maïs ensilage, de foin, de céréales auto-consommées. Le correcteur azoté était jusqu’en 2015 du tourteau de soja conventionnel. Depuis l’an dernier, il se compose de 50 % de soja et 50 % de colza, acheté chez un fournisseur d’aliments. Depuis avril, le soja est certifié non OGM. « L’approvisionnement est compliqué pour ce fournisseur, car le soja non OGM est une toute petite filière », explique Pierre-Paul. L’éleveur achète entre 20 et 24 t de correcteur azoté pendant la période hivernale. Le surcoût est d’environ 500 €/mois, compensé par la surprime de 7,5 €/1000 l, payée aux producteurs français par la Hochwald. L’organisme de certification allemand mandaté par la Hochwald, VLOG, a entamé en décembre ses premiers contrôles chez les producteurs français. Ces derniers devront produire bons de livraison et échantillons d’aliments, à conserver sur trois mois.

« Nous avons dû revoir notre stratégie pour l’alimentation des vaches, mais nous en sommes satisfaits, car moins dépendants des achats, note Pierre-Paul. Et la démarche est valorisante. »