Dans la filière porcine, les regards se portent à l’est avec appréhension. En Pologne et dans les pays Baltes, la peste porcine africaine (PPA) est bel et bien devenue européenne, et progresse doucement vers l’ouest. Or, si cette maladie ne se transmet pas à l’homme, elle est très contagieuse et cause des dégâts considérables, atteignant parfois 100 % de mortalité dans les élevages (voir encadré).

Longtemps cantonnée au continent africain, elle arrive en Europe via le Caucase et les Balkans. En 2011, elle sévit en Russie, en 2012 en Ukraine, en 2013 en Biélorussie… Depuis 2015, des foyers chez des porcs domestiques ont été identifiés en Lituanie et en Pologne, puis en Estonie et en Lettonie. Il progresse lentement : 2 km par mois en Lettonie et Estonie, et 1 km par mois en Lituanie et Pologne, observe l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Mais la survenue récente de plusieurs foyers consécutifs en Pologne a ravivé les inquiétudes de l’Association nationale sanitaire porcine (ANSP). L’Efsa est moins alarmiste, soulignant la faible prévalence du virus parmi les sangliers tués (moins de 3 %) dans un rapport récent. Pour elle, « l’épidémie chez le sanglier sauvage dans les États baltes et en Pologne peut être qualifiée d’épidémie à petite échelle ».

L’ANSP soulève un autre problème. « Il semblerait que les foyers détectés en élevage ne soient pas en lien épidémiologique avec ceux recensés dans la faune sauvage », relève-t-elle. Ce qui signifie que ces contaminations dans les élevages ne sont pas du fait d’un contact avec des sangliers porteurs du virus, mais qu’elles ont une autre source.

Transports à risque

C’est sans doute l’activité humaine, en particulier les transports d’animaux ou d’aliments contaminés et les camions qui diffusent le virus par les roues. Il faut dire que les porcelets et les porcs charcutiers sillonnent l’Europe d’ouest en est – justement vers les régions touchées aujourd’hui  – , puis d’est en ouest, multipliant les risques de propagation du virus. L’Efsa soulignait dès 2015 un niveau de biosécurité insuffisant.

Une autre voie possible d’introduction du virus : les chasseurs qui ramènent du gibier issu de zones contaminées, potentiellement porteurs du virus. Pour cette raison, il est fermement déconseillé de passer les frontières avec les produits de sa chasse.