Le regard sur le croisement en races laitières change. Accoupler une vache laitière avec un taureau d’une autre race laitière est nouvellement perçu comme une « voie d’adaptation du troupeau », selon Pascale Le Mezec, de l’Institut de l’élevage (Idele). À l’image de la Nouvelle-Zélande, où 40 % des vaches sont concernées, le croisement laitier perce en France comme outil d’amélioration des qualités d’élevage. Auparavant, il était plutôt envisagé pour changer de race ou comme solution ponctuelle, par exemple face à un problème de fertilité.

Désormais, il y a de plus en plus d’élevages où le troupeau entier est concerné, constate Pascale Le Mezec. Cette pratique séduit surtout les systèmes herbagers à faible utilisation d’intrants, où l’autonomie et les aptitudes fonctionnelles des animaux sont recherchées. Pour la prim’holstein, les croisements les plus fréquents se font avec la montbéliarde et la rouge scandinave. Sur le modèle irlandais, le croisement avec la jersiaise, est aussi pratiqué. Mais quel est l’avantage ? En comparaison avec l’insémination artificielle (IA) en race pure, la complémentarité des races permet d’améliorer plus rapidement les caractères souhaités.

Le regain d’intérêt pour le croisement laitier se concrétise par une hausse de 30 % des IA croisées entre 2010 et 2015. Cependant, ce résultat est à relativiser : elles ne représentent que 1,5 % des IA totales.