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Ménager son corps lors de la manipulation des ovins

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Le chien de troupeau est une aide précieuse pour l’éleveur. Prendre le temps nécessaire pour le dresser est indispensable. © A. Bréhier

Adopter de bonnes positions et utiliser du matériel approprié permettent de préserver son capital santé et d’éviter certains effets invalidants.

À l’instar des sportifs de haut niveau, les éleveurs réalisent d’importants efforts musculaires. « Manipuler un troupeau de trois cents brebis d’un poids de 50 à 80 kg par animal revient à soulever une masse totale de 24 à 30 tonnes », pointe Dominique Regnier, conseiller prévention à la MSA de Bourgogne. Il n’est donc pas étonnant que les troubles musculosquelettiques (TMS) soient les plus courantes des maladies professionnelles reconnues en agriculture. Ils résultent, pour la plupart, d’une usure des ligaments, entraînant lumbago, sciatique, hernie discale, voire tassement des vertèbres. Dans les cas les plus graves, un arrêt de travail est nécessaire.

Mauvaises postures

Les mauvaises postures sont la principale cause des TMS. Les disques intervertébraux, qui servent d’amortisseurs de charges, sont en première ligne. « Lorsque l’on soulève objet ou un animal, il convient de plier ses jambes et de se servir de ses genoux, en rapprochant la charge le plus près possible du corps. Cela est essentiel, à plus forte raison avec des ovins, dont les mouvements sont imprévisibles, souligne Dominique Régnier. S’astreindre à corriger ses mauvaises postures et à en adopter de nouvelles, plus confortables, ne se fait pas naturellement. Apprendre un geste est long et demande un effort régulier. »

Alterner les activités

Pour éviter la répétition des tâches, nocives sur le long terme, il est conseillé d’alterner les activités au cours de la journée, ou d’étaler certains chantiers – comme le parage d’onglons – sur plusieurs demi-journées. « Pour ménager le canal carpien du poignet, mais aussi sa colonne vertébrale, mieux vaut traiter trois fois trois lots dans la semaine que trois cents animaux en un jour », poursuit le conseiller. Pour toute activité, il est également bénéfique d’anticiper l’organisation et le matériel. « Il faut penser à la manière dont le travail pourrait être économisé, ajoute-t-il. Ce point est d’autant plus important que la taille des troupeaux augmente. »

Des installations neuves ou d’occasion – parc et matériel de contention –, ainsi que des petits équipements – servante, support d’agneau, ergosiège –, réduisent la pénibilité et favorisent les bonnes postures. Le matériel doit, avant tout, être en bon état. Par exemple, avec un coupe-onglons entretenu régulièrement à l’affiloir et une poignée tournante, l’effort est limité et le risque de tendinites réduit. Des vêtements adaptés : combinaison étanche et respirante, chaussures et bottes de sécurité… contribuent également au confort de travail.

Anne Bréhier

S’échauffer avant l’effort

Tout comme pour les tondeurs de moutons, il est préconisé de commencer toute activité sur un rythme modéré, pour s’échauffer progressivement. Il convient de travailler hors courants d’air et de réaliser des pauses à intervalles réguliers. L’hydratation est primordiale, y compris l’hiver, à raison de 1,5 litre par jour. Le port de lourdes charges est déconseillé aux jeunes de moins de seize ans, encore en croissance, afin de préserver leur capital santé.

L’ergosiège facilite le travail d’allaitement des agneaux, ou de parage des brebis. Le genou, placé sur un coussinet en caoutchouc, est ainsi protégé du béton ou des cailloux. Le fessier est posé sur un siège. © A. Bréhier
Des barrières légères, solides et simples à manipuler, facilitent le travail de contention. © A. Bréhier
La cage de retournement permet à l’éleveur d’être en bonne posture pour tailler les onglons. Une fois assise, la brebis bouge moins. © A. Bréhier
La bascule retranscrit sur l’écran le poids de l’animal. Elle peut être équipée d’un système de pesée connectée. © A. Bréhier
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Cet article est paru dans La France Agricole

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