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Absorber les aléas en élevage allaitant

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Production. . © Cérès-Press

Dans un cadre économique incertain, la résilience de l’exploitation pourrait devenir un critère technico-économique pour présager de la capacité à maintenir son activité à moyen terme.

«As-tu pensé à surveiller ta résilience ? » Ainsi s’exprimeront sans doute à l’avenir les conseillers de gestion en élevage auprès des chefs d’exploitation. Cette notion de résilience – qui est l’aptitude à résister et à se rétablir face aux crises – devient une vertu en matière d’économie. Problème sanitaire, incident climatique, volatilité des prix, défiance du consommateur, accident de la vie… La probabilité pour une exploitation de devoir faire face, à moyen terme, à différents aléas est aujourd’hui accrue. De plus, le niveau de risque financier a augmenté en même temps que la taille des exploitations. Ainsi, les entreprises agricoles ne devraient plus seulement être performantes à l’instant « t » mais aussi avoir envisagé le pire, et avoir adapté leur système pour être toujours prêtes à faire face. Cette résilience, mesurée et objectivée, pourrait devenir un indicateur technico-économique pour évaluer la performance de l’élevage. La Confédération nationale de l’élevage (CNE) a engagé un projet « Fermes résilientes », auquel ont contribué l’Institut de l’élevage et les réseaux d’élevage Inosys.

En 2016, une attention particulière a été portée aux élevages de bovins allaitants. Une publication parue fin 2016 (1) r évèle que la résilience est possible en bovins viande dans divers systèmes d’exploitation. La maîtrise des investissements, des charges opérationnelles (intrants), de la productivité et du taux de rentabilité caractérisent les exploitations plus à même de faire face aux aléas. Durant la période 2007-2014, qui a connu plusieurs épisodes sanitaires et deux flambées des cours des matières premières, sur cent fermes étudiées, trente ont été jugées résilientes.

En système naisseur, elles ont réussi à dégager 1,5 Smic par unité de main-d’œuvre (UMO), contre 0,6 Smic en naisseur non résilient. Ces fermes ont dégagé un EBE sur produit de 40 % en moyenne pluriannuelle, contre 33 % pour les autres.

En naisseur-engraisseur, elles ont affiché 1,9 Smic/UMO, contre 0,6 Smic en moyenne en système non résilient. Les systèmes engraisseur les plus performants ont dégagé 36 % d’EBE, contre 30 % pour les autres.

La productivité de viande vive par UMO différencie également les élevages résilients (avec 31 t/an/UMO en naisseur et 45 t/an/UMO en naisseur-engraisseur) des non-résilients (respectivement 27,5 t et 32 t).

Efficacité réduite

Paradoxalement, « depuis 2000, les systèmes allaitants ont réduit leur efficacité économique, avec des taux d’EBE/produit plus faibles », rapportent les premiers travaux du projet « Résilience, efficacité et durabilité des systèmes de polyculture élevage »  (Casdar Red Spyce), mené par l’Institut de l’élevage. On note aussi une tendance globale à la baisse de certains facteurs de résilience, notamment du couplage entre productions végétales et animales (voir encadré). Les recherches en cours devraient identifier des clés pour améliorer la résilience dans les différents systèmes.

Alexis Dufumier

(1) « Caractéristiques technico-économiques des fermes bovin-viande résilientes et non résilientes », Réseau mixte technologique (RMT ).

Favoriser les synergies cultures-élevage

Les systèmes dans lesquels les synergies entre les deux ateliers – cultures et élevage – sont les plus importantes, sont ceux qui ont le mieux réussi à maintenir leur niveau de rentabilité et la stabilité de leurs revenus entre 2000 et 2014, selon les travaux de l’étude Red Spyce. Le couplage de la culture et de l’élevage reste donc une stratégie gagnante, et c’est un facteur de résilience.

Pourtant, malgré des résultats économiques plutôt supérieurs dans les systèmes « couplés », la tendance au maintien des liens entre cultures et élevage sur les exploitations est à la baisse depuis les années 2000.

Boucler les cycles

Travailler ses facteurs de résilience peut aussi passer par un meilleur bouclage des cycles de l’azote, du phosphore, etc., au sein de l’exploitation.

La prise en compte des flux de matières utiles entre cultures et élevage est un levier sur lequel le chef d’exploitation a la possibilité d’agir directement, afin de réduire les achats d’intrants.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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