Par Philippe Pavard rédacteur en chef adjoint

Dans la torpeur estivale, il n’est pas sûr que tout le monde ait encore pris la mesure du choc qui vient de se produire avec la récolte 2016. Celui-ci aura des répercussions sur toute l’économie française. Alors que la crise de l’élevage s’éternise, l’agriculture française vit un nouveau moment grave avec la superposition d’une crise céréalière. Un coup du sort climatique contre lequel personne ne pouvait rien et qui nous rappelle la vulnérabilité de tout acte de production en dépit de la modernité des moyens mis en œuvre. Qui aurait imaginé qu’une chute de 30 % de la production de blé eût été possible en France ? Sans attendre le mois de septembre et les réunions officielles annoncées, La France agricole est à vos côtés pour envisager les pistes pouvant vous aider à surmonter cette situation (lire page 12).

Certaines réponses comme une analyse fine de trésorerie sont d’ores et déjà à entreprendre afin de jauger l’étendue des dégâts et de se projeter dans le temps. Mais ce sont surtout des mesures d’urgence, fortes et d’ampleur, à la hauteur du cap à passer qui sont attendues. Les regards se tournent, bien sûr, vers les pouvoirs publics, avec notamment la revendication d’un report d’annuités en fin de tableau d’amortissement dont le surcoût serait pris en charge et, plus largement, la demande d’un plan de refinancement. Mais face à ce séisme, l’environnement immédiat des agriculteurs est aussi fortement interpellé et se doit de montrer des signes de solidarité. Les coopératives sont de toute évidence en première ligne et attendues au tournant, à la fois au niveau du paiement de la marchandise (quelle rémunération de la protéine surnuméraire par exemple ?) et de la relance du cycle de production via des facilités de paiement. Elles vont avoir l’occasion de montrer qu’elles ne sont pas des entreprises comme les autres.

Enfin, on ne saurait oublier dans cette affaire le traumatisme humain et l’importance de ne pas rester isolé. Des cellules d’écoute se mettent en place. N’hésitez pas à les saisir.