Par Yvon Herry rédacteur en chef web

Cinq ans déjà. La plupart des contrats entre producteurs de lait et industriels privés arrivent à échéance et sont en renégociation. Chacun se souvient de la mise en place chaotique de la contractualisation en France. Celle-ci visait à instaurer une régulation privée en prévision de la disparition des quotas laitiers en 2015. Pourtant, l’auteur d’un rapport sur les contrats pour le ministère de l’Agriculture n’hésite pas aujourd’hui à dire que ce passage du quota au contrat n’a apporté « ni stabilisation du revenu, ni accroissement de la visibilité ».

Les relations avec les industriels restent très déséquilibrées. D’autant que de nombreux éleveurs sont encore en dehors des OP (organisations de producteurs). Les négociations actuelles pour mettre en conformité les contrats avec la loi Sapin 2 sont souvent rudes. Concernant le prix du lait, ceux-ci doivent notamment faire référence à des indices de coût de production des éleveurs. Mais la loi ne dit pas comment prendre en compte ces indicateurs. Ainsi, chez Lactalis, dans l’avenant proposé aux éleveurs hors OP, on est loin de l’indexation des prix sur les coûts de production. Les OP, toujours en négociation sur le nouveau contrat-cadre, appellent d’ailleurs à ne pas signer.

Pour intégrer les coûts des éleveurs ou le mix-produit des laiteries dans le prix du lait, les cas de figure sont aussi variés qu’il y a d’industriels. Une étude de l’Institut de l’élevage est d’ailleurs instructive (voir p. 15). Répartissant en quatre groupes les laiteries en fonction des modalités de gestion des volumes et de fixation du prix du lait, elle montre la grande diversité des situations. À ce stade des négociations sur les nouveaux contrats, pas de miracle en vue, même si les OP de certaines laiteries semblent plus satisfaites. Afin d’améliorer le rapport de force avec les industriels, le maillon production doit donc se structurer davantage. Pour l’avenir des éleveurs, il faudra bien arriver à un dialogue plus constructif.