Coronavirus, peste porcine africaine, grippe aviaire, jaunisse de la betterave… Les virus ont marqué l’année 2020. Grippée par deux confinements, l’économie française a tourné au ralenti, mais pas son agriculture. Comme l’a expliqué en mars Didier Guillaume, alors ministre, les agriculteurs français ont semé, planté et récolté. Ils ont assuré l’approvisionnement de la chaîne alimentaire, nourrissant le soudain regain d’intérêt de nos concitoyens pour les produits locaux. Cet épisode pandémique a remis en lumière leur rôle central pour garantir notre souveraineté alimentaire. Et même si les fermes urbaines se développent (lisez notre dossier page 44) et que des villes rêvent de devenir autonomes, elles n’auront jamais la puissance suffisante pour nourrir le pays. La France et ses citoyens ont besoin des exploitations agricoles pour remplir leurs assiettes.

Pour que la ferme France assure ce rôle, encore faut-il ne pas lui attacher des boulets au pied comme les gouvernements successifs s’y sont employés. La récolte des betteraves sucrières en 2020 en est la preuve. Les champs ont jauni dans l’Hexagone, alors que ceux des autres pays européens étaient protégés des pucerons, et donc du virus de la jaunisse, par des dérogations autorisant les néonicotinoïdes. Le retour temporaire de cette famille de produits en France traduirait-il un changement de logiciel de ceux qui nous gouvernent et une prise de conscience de ces distorsions de concurrence ? Espérons-le, surtout au moment où le gouvernement affirme vouloir donner davantage de temps à la concertation pour son plan pour les pollinisateurs (voir page 14). Ou que l’Union européenne et le Royaume-Uni s’entendent pour un Brexit sans droit de douane sur les produits agricoles (lire page 16).

Pour ce qui est des agriculteurs, 2020 est un mauvais cru. Les récoltes de céréales et d’oléagineux flirtent avec leurs records dans de nombreux pays du globe, mais pas en France. Depuis l’automne et après une nouvelle sécheresse, le cours des broutards charolais n’est pas à la hauteur des besoins de trésorerie, tout comme les cours du porc qui s’enfoncent doucement, plombés par l’arrivée de la peste porcine africaine en Allemagne. Et ne parlons pas du virus de la grippe aviaire qui resurgit dans les élevages français.

Espérons que 2021 sera moins virale, que l’engouement des consommateurs français pour les produits locaux se confirmera avec à la clé un meilleur revenu pour les agriculteurs et une meilleure reconnaissance de ce métier. En attendant ces évolutions, nous vous adressons nos meilleurs vœux pour 2021 !