Par Yvon Herry rédacteur en chef web

Une fois encore, l’apport de trésorerie remboursable (ATR) lié aux aides Pac 2016, qui devait être versé le 17 octobre, mérite d’être rebaptisé « aides toujours en retard ». Pour cause de problème informatique, le versement a en effet été repoussé pour un certain nombre de paysans. De quoi plomber la communication du ministère. Après toutes les péripéties connues avec l’ATR sur les aides 2015, cela pourrait sembler secondaire si ce n’était dramatique pour les agriculteurs dont la trésorerie est mise à mal par une crise sans précédent. Cette administration si tatillonne quand il s’agit de faire respecter les dates de déclaration ou de mener des contrôles, n’a pas été capable de respecter les délais annoncés par le chef de l’État.

D’ailleurs, bien doué celui qui connaît précisément le calendrier pour les aides Pac 2016 et ce qu’il reste à payer sur les aides 2015 (1). « Dans nos prévisionnels, on ne peut plus compter sur la Pac. L’État est défaillant et ce sont les agriculteurs qui sont coupables », explique un agriculteur en plan de redressement qui, comme les autres, doit faire face au paiement de ses fournisseurs et de ses fermages, mais aussi régler ses charges sociales et ses impôts en temps et en heure pour ne pas risquer de pénalités.

Et si le Premier ministre a annoncé le 4 octobre un plan de soutien pour toutes les filières, l’enquête que nous avons menée (pp. 14-16) montre qu’un mois plus tard, les agriculteurs patientent toujours. Les banques attendent les aides de l’État et, côté MSA, les formulaires ne sont pas tous prêts. Concernant le plan de refinancement, la FNSEA explique que le dispositif de garantie est « complexe, lent et sélectif », limitant ainsi le nombre de bénéficiaires. Le ministère s’empresse d’y voir des accusations « infondées ». Les agriculteurs, dont l’attente est forte, jugeront eux-mêmes de l’efficacité réelle de ce plan de soutien pour les aider à passer ce cap difficile.

(1) Voir sur www.lafranceagricole.fr, rubrique Actualités.