Activer le régime moteur et le blocage du différentiel, baisser l’outil, embrayer la prise de force… Mince, nous avons déjà fait 5 mètres dans la parcelle. Parce que le nombre de fonctions et d’activations à réaliser ne cesse d’augmenter avec les largeurs et les technologies d’outils, la plupart des constructeurs de tracteurs proposent des solutions pour activer une série de fonctions, regroupées en séquences, en appuyant simplement sur un bouton.

Nous avons voulu tester les systèmes de six marques différentes. L’idée était d’évaluer les possibilités offertes par chacune d’entre elles et leur simplicité d’utilisation.

Au banc d’essai

Pour servir de témoin dans notre test, nous avons utilisé un combiné de semis avec une herse rotative à l’arrière, ainsi qu’un rouleau à l’avant. Afin d’évaluer les possibilités de chaque système, nous avons regardé quelles fonctions peuvent être programmées dans les séquences, quels déclencheurs sont possibles, l’intuitivité de la création de séquence, que ce soit en roulant ou à l’arrêt dans le terminal. Une fois la séquence réalisée, nous avons étudié la simplicité d’activation et les différentes possibilités d’arrêt d’urgence, de modification ainsi que d’archivage. De cette façon, nous avons réalisé une séquence type, à refaire sur chaque tracteur. Elle comprend 9 étapes :

- activation de l’autoguidage,

- blocage du pont avant suspendu,

- passer le relevage avant en flottant,

- activer le pont avant,

- baisser le relevage arrière,

- activer la prise de force lorsque le relevage­ atteint une certaine position,

- activer un régime moteur lorsque la prise de force est enclenchée,

- activer un distributeur hydraulique,

- activer une vitesse mémorisée.

Hormis lorsque c’est précisé, les actions devaient s’activer selon une distance.

De nombreuses possibilités

Les possibilités offertes par ces systèmes sont nombreuses :

Moteur : engagement et arrêt d’un régime mémorisé, changement de régime mémorisé.

Transmission : étant donné que nos tracteurs étaient tous équipés d’une transmission à variation continue, les fonctions étaient l’activation d’un régulateur de vitesse et d’une ou plusieurs vitesses cibles.

Ponts : activation et arrêt du pont avant et du blocage du différentiel, activation des automatismes.

Direction : certains constructeurs proposent l’inversion de la direction, ainsi que les dispositifs de fast steering pour réduire le nombre de tours de volant lors des manœuvres.

Prise de force : activation et arrêt pour l’arrière et l’avant, choix des régimes.

Relevage avant : cette fonction est valable s’il dispose d’une commande spécifique et non d’une commande sur un distributeur.

Relevage arrière : levage et descente, butée haute et profondeur de travail, terrage forcé ou position flottante.

Distributeurs hydrauliques : activation avec possibilité de temporisation et modulation du débit, activation de la position flottante.

Isobus : pour le moment, les fonctions Isobus ne font pas partie des actions proposées dans les séquences de fourrière. Cependant, la plupart des constructeurs travaillent à cette intégration.

Une fois les actions choisies, il faut encore déterminer quand et comment elles seront déclenchées. Ici aussi, plusieurs solutions sont proposées.

La distance est disponible chez tous les constructeurs testés.

Le temps est un facteur de déclenchement délicat qui peut parfois se révéler dangereux.

La position du relevage est pratique pour activer ou pour désactiver la prise de force.

Un déclenchement manuel est utile pour piloter les séquences pas à pas et à son rythme, depuis un unique bouton. C’est, en outre, une bonne solution pour se familiariser avec les séquences automatiques­. Plus rare, certains constructeurs proposent aussi l’inversion du sens d’avancement comme déclencheur, ou encore l’activation de la prise de force.

La programmation

Les premiers systèmes d’automatisation manquaient de possibilités et la moindre erreur obligeait souvent à reprogrammer la séquence. Ces systèmes ont évolué, notamment avec la généralisation des écrans tactiles dans les tracteurs durant ces dix dernières années. Pour enregistrer une séquence, il existe deux solutions. La première option consiste à réaliser la manœuvre en conditions réelles. Le tracteur va enregistrer les étapes pour retranscrire le tout dans le terminal. Nous pouvons ensuite modifier la manœuvre. Bien souvent, c’est la distance qui est prise automatiquement comme déclencheur, nous pouvons donc réaliser la manœuvre lentement lors de l’enregistrement. La seconde technique consiste à programmer toutes les étapes, une par une dans le terminal. Rassurez-vous, cela ne nécessite pas un talent d’informaticien car les systèmes sont de plus en plus simples. L’idéal pour cette solution, c’est lorsque les fonctions sont regroupées en menus et sous-menus et accompagnées d’un pictogramme clair.

Enregistrement

Chez la plupart des constructeurs, il est possible d’enregistrer au moins deux séquences différentes. Ainsi, nous en avons une pour le début et une pour la fin du passage. Il est également possible d’en activer plusieurs et jusqu’à quatre pour certaines marques. Ensuite, l’idéal est de pouvoir nommer les séquences et lorsque c’est possible de les attribuer à un outil. En effet, l’idée est de les retrouver d’un chantier à l’autre, sachant que les constructeurs proposent des sauvegardes pour une future utilisation. Cependant, il faut tout de même être méticuleux dans ce cas. En effet, il faudra correctement vérifier que les distributeurs programmés sont branchés sur la bonne prise, et bien sûr, activent la bonne fonction. Ça serait dommage de baisser la masse avant, au lieu de retourner la charrue.

Loris Coassin, Corinne Le Gall et Pierre Peeters