« Notre objectif est de convier chaque année des milliers d’écoliers et collégiens à planter des arbres avec et chez des agriculteurs de leur département.

Quand j’ai lancé l’association Des enfants et des arbres, il m’a fallu d’abord constituer un kit pédagogique à destination des élèves. Je me suis adressée au réseau Prof en transition, présent sur Facebook, qui s’était montré intéressé par ma démarche. En trois ans, ce collectif engagé sur les thématiques du développement durable est passé de 3 à 27 000 enseignants. Ensemble, nous avons ainsi travaillé à ajuster un outil.

J’ai, au départ, réalisé que les enseignants avaient une lecture basique du monde agricole. Une lecture plutôt clivante avec d’un côté des vertueux et de l’autre des pollueurs. Ces idées dépassent en réalité le seul monde enseignant. Pour beaucoup, prendre soin de la terre signifie compost et permaculture. Ensemble, nous avons convergé­ vers la nécessité d’un projet de réconciliation. Au­jourd’hui, nous continuons à adapter le kit.

L’association a accompagné à ce jour 28 agriculteurs et planté près de 4 500 arbres. Nous travaillons avec tous types d’exploitants partout en France. Nous sommes allés récemment chez un céréalier du côté de Mu­lhouse. Ses champs sont situés à proximité de pavillons. Il a d’abord présenté son projet de haies à l’école du village, les enfants sont venus chez lui, et désormais ils y retournent avec leurs parents. La semaine dernière, nous étions chez un maraîcher bio dans la Beauce. Le lendemain, une céréalière voisine m’a contactée. Elle s’apprête à présenter son propre projet au maire du village.

À chaque fois, l’agriculteur se met en contact avec l’école de sa commune, puis son chef d’établissement demande l’autorisation de l’académie pour la sortie. Nous facilitons les échanges et nous apportons jusqu’à 2 000 euros par exploitation, ce qui correspond à environ 300 mètres de haies linéaires ou 180 arbres en cœur de parcelles.

Planter les arbres, c’est de l’argent et du temps. En général, les agriculteurs n’ont ni l’un ni l’autre. Si la société civile leur apporte un peu des deux au lieu de s’impatienter face au monde agricole, la réconciliation est peut-être au bout du chemin. »

desenfantsetdesarbres.org