Longtemps considérée comme la cinquième roue du tracteur, la communication gagne du terrain : seuls ou à plusieurs, avec l’appui d’une agence ou en autodidactes, de plus en plus d’agriculteurs se lancent dans la promotion de leur produit ou activité. Plaquette de présentation, panneau signalétique aux abords des routes, banderole sur les marchés, site internet, portes ouvertes, étiquettes, emballages, réseaux sociaux, publicité dans la presse : tous les outils sont bons pour atteindre le client professionnel ou particulier potentiel.

Mais gare à la précipitation, rappellent les spécialistes, il ne s’agit que de moyens au service d’une stratégie de l’entreprise : définir un logo, un nom, un positionnement en fonction d’un marché - avant de se lancer tête baissée sur le choix des flèches - s’impose pour viser la bonne cible. S’il est important de considérer les coûts et le temps consacré à la communication, les retombées s’avèrent parfois inestimables en termes de commandes et de reconquête de confiance. Mais pas seulement.

Pour Étienne Maury, producteur de viande bovine à Bergerac, en Dordogne, la création d’un site de vente en ligne a conditionné son installation. Pour la productrice de framboises, Laure Figeureu-Bidaud, sa nouvelle image a contribué à recruter une vingtaine de saisonniers, malgré la crise sanitaire. Et l’éleveur laitier, également vendeur de glaces, Philippe Cocagne, a pu financer son camion de livraison grâce à une campagne de presse sans précédent.

Rosanne Aries et Alexie Valois