La moitié des chefs d’exploitation a plus de 50 ans. Et un tiers a plus de 55 ans, soit plus de 160 000 actifs qui pourront prétendre à leur retraite dans les dix années à venir. Ce sont autant d’exploitations à reprendre, ou de sociétés agricoles à intégrer. S’y ajoutent les cessations anticipées pour permettre des reconversions ou pour des raisons économiques. Elles sont aujourd’hui presque aussi nombreuses que les départs en retraite.

Les offres de fermes à céder devraient donc exploser dans les prochaines années. Quelle sera alors la demande des candidats à l’installation ? L’abondance de biens à vendre fait mécaniquement courir le risque d’une baisse des prix. Si la valeur du foncier ne devrait pas baisser, celle du bâti, en revanche, pourrait en pâtir. Une mauvaise nouvelle pour la valorisation des bâtiments d’élevage, en particulier.

Aujourd’hui, sept fermes sur dix sont transmises

En parallèle, les fermes se sont agrandies, faisant grimper les montants des reprises. Ce qui peut être un frein à l’installation de jeunes candidats peu argentés. Les futurs cédants devront s’adapter à cette nouvelle donne et, pourquoi pas, imaginer un découpage en petites entités de leur structure.

Aujourd’hui, trois fermes sur dix partent à l’agrandissement des voisins. Les sept autres poursuivent leur activité, aux mains d’un membre de la famille ou, dans 30 % des cas, de celles d’un tiers extérieur. Des repreneurs avec lesquels il faudra de plus en plus compter.

Les témoins interrogés dans ce dossier racontent la recherche de leur successeur pour des installations individuelles. Celles-ci représentent près de 60 % des offres de reprise. Les autres sont des recherches d’associés.

Il ressort qu’une transmission anticipée, et pour laquelle les cédants ont créé une relation de confiance avec leur repreneur, est source d’une grande satisfaction.