Si installer de nouveaux agriculteurs est capital à l’heure où 36 % des chefs d’exploitations ont plus de 55 ans et auront donc potentiellement pris leur retraite dans les dix années à venir, pérenniser ces structures l’est tout autant.

Les chambres d’agriculture qui assurent, avec les DDT, le suivi des engagements des jeunes installés avec les aides ne sont soumises à aucune autre obligation d’accompagnement post-installation.

Les données MSA, traitement ODR (observatoire du développement rural) Inrae, montrent que le taux de maintien des nouveaux installés est loin de rester à 100 %. Sur les 11 343 installations de 2013, seules 9 496, soit 83,5 %, se sont maintenues sur les cinq années suivantes.

Mais qu’en est-il après ? Pour les jeunes installés avec les aides, le cap des cinq ans signifie la fin de leurs obligations vis-à-vis de l’administration, et le risque de subir une déchéance totale ou partielle de leurs aides s’ils n’ont pas respecté un de leurs engagements (mise en conformité des équipements, acquisition de la capacité professionnelle agricole, mise en œuvre du plan d’entreprise, etc.). Ce cap marque aussi davantage l’écart sur le maintien de l’activité entre les plus et les moins de 40 ans.

Alors, comment s’assurer que toutes les installations, aidées ou non, à plus ou moins de 40 ans, perdurent dans le temps ? À l’initiative d’un syndicat, d’une association ou des jeunes eux-mêmes, certains départements proposent un accompagnement des nouveaux installés. Journées collectives ou entretiens individuels, dans les toutes premières années d’installation ou au-delà, les dynamiques restent encore très disparates sur le territoire.

Alessandra Gambarini