Le défi du renouvellement des générations est une préoccupation pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. Les chiffres sont alarmants : près de 60 % des exploitations agricoles sont gérées par des agriculteurs de plus de 55 ans et 31 % par des plus de 65 ans. Tandis que les moins de 35 ans ne représentent que 5 % des effectifs. La Commission européenne a fait de l’installation une de ses priorités pour la future Pac post-2020, engageant les États membres à consacrer au moins 2 % des paiements directs à des mesures spécifiques pour les jeunes agriculteurs, et de cibler vers eux les aides du Feader (développement rural).

Les jeunes agriculteurs européens attendent surtout des aides au revenu et des mesures facilitant l’accès à la terre et les transferts de terres, selon une enquête du réseau Euractiv de 2019. Retrouvez dans ce dossier nos reportages sur la situation dans quatre pays de l’UE : Allemagne, Pays-Bas, Pologne et Espagne.

Dans l’Hexagone aussi, des départs massifs d’agriculteurs sont attendus. D’après les données recensées par Eurostat, la France comptait 456 500 exploitations en 2016 (1), dont 44 % étaient gérées par des plus de 55 ans. Les installations sont loin de compenser les départs avec une pour presque deux départs. L’érosion du nombre de chefs d’exploitations, maintenue en deçà de 2 % par an ces dix dernières années, menace donc de s’accélérer. Un constat inquiétant pour le monde agricole, qui doit trouver d’urgence à attirer de nouveaux porteurs de projets.

(1) Ce chiffre comprend toutes les fermes d’au moins un hectare et les Dom. Les exploitations moyennes à grandes, ayant un potentiel de production supérieur à 25 000 €, sont au nombre de 306 000 en 2016.