La notion de longévité est étroitement liée à la prévention des trois principales causes de réforme subies en élevage laitier : infertilité, mammite et boiterie. « Il faut mettre les moyens pour les prévenir et ne pas laisser les filles pousser les mères vers la sortie », indique Nathalie Bareille, de l’école vétérinaire de Nantes (Oniris). Et pour cause : « Une génisse a un potentiel génétique plus élevé que sa mère. Mais tout miser sur le renouvellement sans laisser le temps aux animaux d’exprimer leur potentiel génétique est contre-productif », appuie Luc Delaby, de l’Inrae.

D’après les résultats 2019 du contrôle laitier, synthétisés par l’Institut de l’élevage, il faut attendre la troisième ou quatrième lactation pour que les principales races de vaches laitières maximisent leur production. Le chercheur estime donc que « faire moins de lactations ampute la compétitivité de nos exploitations, avec plus de vaches que nécessaire pour un même volume de lait. » Sans compter qu’« un fort taux de renouvellement cache souvent des soucis techniques sur l’élevage », ajoute Nathalie Bareille.

Sur le papier, une bonne longévité offre ainsi de nombreux avantages : moins d’animaux improductifs, plus de veaux croisés possible, des surfaces libérées pour des cultures de vente ou la préservation des meilleures souches. « Quand le prix du lait est peu élevé, la longévité est un moyen efficace d’améliorer son revenu », relève Antoine Rimbault, de Montbéliarde association.

Pour y parvenir, assurer le premier vêlage, aplatir légèrement la courbe de lactation, et sélectionner sur les aplombs, la qualité du lait ou la fertilité, en fonction des faiblesses du système, figurent parmi les principaux leviers d’action. « La longévité est le fruit d’un bon équilibre entre santé et productivité », résume Jean-Philippe Chesney, de l’OS races alpines réunies (OSRAR).

Par Alexandra Courty

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Marché à l’équilibre

Bien que les ventes ne soient pas très dynamiques dans le secteur aval, les disponibilités globalement modestes assurent l’équilibre en races à viande. Du côté des réformes laitières, aucun changement tarifaire n’est à noter. En jeunes bovins, le commerce reste très fluide compte tenu d’une offre toujours déficitaire sur le marché européen.