Face au changement climatique, les projets de recherche fusent pour trouver des leviers d’adaptation aux systèmes d’élevage, à la fois agronomiques et zootechniques. Pascal Bernard, à la tête d’un troupeau de quatre-vingt-dix vaches charolaises en Saône-et-Loire, s’est fait accompagner par la chambre d’agriculture de son département dans le cadre du programme Climaviande. L’exploitant a réduit progressivement sa proportion de vêlages d’automne pour préserver ses stocks fourragers (lire « J’ai abaissé la part des vêlages d’automne pour préserver mes stocks »).

Dans le Massif central, l’étude AP3C (1) a réuni une soixantaine d’éleveurs de bovins allaitants sur quatre ans. Des simulations d’adaptation au climat à l’horizon 2050 ont été réalisées pour sept cas types issus des productions du dispositif Inosys-Réseaux d’élevages limousins, sud Massif central - Occitanie et Charolais. Alors que les rendements fourragers sont attendus en forte baisse, les éleveurs ont été amenés à partager leurs stratégies pour s’adapter. Elles visent, chacune à leur manière, à ajuster les besoins des animaux et les stocks disponibles. « Quelles que soient les solutions d’ajustement adoptées dans sa conduite d’élevage, il faut veiller à ne pas dégrader la rentabilité de son atelier allaitant », prévient Philippe Dimon, expert à l’Institut de l’élevage (lire « Se projeter à l’horizon 2050 »).

Les trois dernières années de sécheresse ont également fait mûrir la réflexion des organismes de sélection quant aux orientations de leurs races respectives. L’Inrae planche de son côté sur la production d’index de sensibilité à la chaleur, pour mieux appréhender le stress thermique des bovins (lire « Une réponse propre à chaque race »). Pour Yann Bouteloup, installé dans l’Allier, la génétique est un aspect essentiel pour anticiper le climat de demain (lire « La génétique, un levier à ne pas négliger face aux sécheresses »).

Lucie Pouchard

(1) Adaptation des pratiques au changement climatique.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Commerce plus compliqué dans le jeune bovin

La demande pour les femelles de qualité bouchère se montre plus réservée, avec un report des achats des grandes métropoles vers les villes de taille moyenne et les campagnes (vacances et télétravail). Les abatteurs voient leurs stocks de pièces nobles à griller remonter. En jeunes bovins, l’activité commerciale se tend, en raison d’une demande italienne assez limitée. À ce stade, les prix se tiennent mais la situation est inquiétante pour le mois de mai.