Les vêlages tardifs sont encore majoritaires en France. En 2016, les résultats d’élevages suivis par Bovins Croissance témoignent d’un âge moyen au premier vêlage à 35 mois en charolaises, limousines, salers, aubracs et parthenaises. Les blondes d’Aquitaine et les gasconnes se situent un cran au-dessus, aux alentours de 36,5 mois. Seules deux races affichent des vêlages un peu plus précoces : la rouge des prés (33 mois) et la blanc bleu (30,7 mois).

Pourtant, la diminution de l’âge au premier vêlage peut contribuer à améliorer la rentabilité des fermes, en augmentant le nombre de veaux sevrés, sans modifier la structure d’exploitation. Selon une étude portant sur un cas type naisseur-engraisseur semi-intensif charolais (1), tous les scénarios proposant des vêlages à 36 mois dégradent la performance économique du système, par rapport à une conduite en double saison de vêlage à 30 mois.

Vêlage à 24 mois

Si l’intérêt du vêlage à 30 mois est indéniable, le vêlage à 24 mois soulève davantage d’interrogations. Nombreux sont les éleveurs qui craignent de voir les performances de leur troupeau baisser suite à son adoption. En bovin allaitant, les études sur le sujet sont peu nombreuses et les résultats assez contradictoires. Une analyse réalisée en 2013 (2), dans six élevages charolais du Maine-et-Loire, souligne que « malgré un pourcentage de premiers vêlages difficiles plus important (29,7 %), les éleveurs semblent maîtriser la conduite du vêlage à deux ans ». Dans les exploitations enquêtées, ce sont en majorité les animaux à haut potentiel qui sont choisis pour le vêlage à 24 mois.

Au Gaec de Beauchêne, en dépit de quelques déboires initiaux, les trois associés ont adapté leur conduite aux exigences du vêlage précoce, et l’ont désormais pleinement adopté (lire page 40).

La conduite est fortement liée à l’âge au premier vêlage visé. Plus il sera précoce, plus la conduite sera intensive. Dans tous les cas, le suivi régulier des croissances et l’ajustement des rations sont indispensables. Les techniciens le répètent depuis longtemps, les génisses ne doivent pas être les parents pauvres du troupeau.

(1) Guide « Les génisses, l’avenir du troupeau allaitant », édité par les chambres d’agriculture Pays de la Loire, 2011.

(2) « Choix et conséquences d’un premier vêlage à deux ans en élevages charolais », de J. Fortin et J.-P. Coutard, 2013.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Le commerce reste actif

En femelles, la semaine à venir ne devrait pas annoncer de grands changements. La dynamique commerciale est quelque peu refroidie par les inquiétudes portées sur la situation sanitaire, même si l’ensemble des opérateurs espère que la période festive sera préservée. En jeunes bovins, l’offre reste limitée alors qu’une période importante d’abattage se dessine pour la préparation des fêtes de fin d’année en Italie.