En 2010, on dénombrait 37 unités de méthanisation agricole sur le territoire national. Elles étaient plus de 530 en 2019, d’après l’Ademe (Agence de la transition écologique). Plus de mille projets de création d’unités sont aujourd’hui en cours.

Jusqu’en 2013, l’énergie était produite exclusivement sous forme de cogénération : un moteur à gaz entraîne une génératrice, le premier dégage de la chaleur et la seconde produit de l’électricité.

Ces sept dernières années ont été marquées par un développement exponentiel de la deuxième voie de valorisation : l’injection. Le biogaz produit est épuré pour que le méthane intègre directement le réseau de gaz de ville.

Selon le contexte de chaque exploitation, l’une ou l’autre de ces productions peut être privilégiée. Chaque projet doit être savamment réfléchi. Les techniques et les technologies­ de la méthanisation agricole sont nombreuses et les réalisations­ sont très diversifiées.

Face aux possibilités de valoriser le précieux biogaz, il faut faire des choix. La cogénération ne doit pas être écartée trop rapidement car ses atouts et ses possibilités restent nombreux. La ferme morbihannaise des Moulins de Kerollet a ainsi décidé d’augmenter sa capacité de production et de valoriser sa chaleur au maximum (lire « Un séchoir maison grâce à la cogénération »). À quelques dizaines de kilomètres, le Gaec des Hautes Marettes a choisi de ne pas modifier son système de litière et de méthaniser en voie solide (lire « Nous méthanisons en voie solide »). Il en résulte des fonctionnements très différents, mais adaptés à chaque contexte.

L’injection évolue elle aussi. Si les tarifs sont clairement à la baisse pour freiner l’emballement de la filière, des évolutions réglementaires visent à faciliter et optimiser les raccordements au réseau. Ces éléments sont à prendre en compte pour penser au mieux les projets de demain et choisir la stratégie la plus pertinente pour sa future installation.

Gildas Baron