En France, la part des cheptels de bovins viande conduits en agriculture biologique (AB) ne cesse de progresser depuis dix ans. D’après l’Agence bio, 211 915 vaches allaitantes sont certifiées ou en cours de conversion en 2019, soit 5 % des effectifs de cette catégorie.

Plus largement, les initiatives pour le développement de l’AB se multiplient, à l’instar de la récente stratégie « de la ferme à la table » de la Commission européenne. Elle vise à consacrer un quart des terres agricoles à la production bio. En parallèle, les débats sur les impacts environnementaux et sur la compétition feed-food renforcent l’intérêt pour des systèmes d’élevage herbagers autonomes. En bio, le prix élevé des concentrés incite d’autant plus les éleveurs à privilégier les ressources produites sur l’exploitation.

Assurer une finition de ses animaux à moindre coût et dans le respect du cahier des charges AB présente un défi de taille. Une gestion rigoureuse de l’herbe, pâturée ou récoltée, constitue un premier pas de réussite à l’engraissement. C’est la stratégie de Jérôme Maugeais, éleveur dans le Maine-et-Loire (lire « Le pâturage est au cœur de mon système naisseur-engraisseur »). Selon Julien Fortin, responsable de la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou, « au pâturage, les besoins des animaux sur un temps donné doivent être mis en adéquation avec le potentiel des prairies. Pour les fourrages, tout l’enjeu réside dans le juste compromis entre apports énergétiques et protéiques. » Mais avec des carcasses de plus en plus lourdes, les durées de finition ont tendance à s’allonger (lire « Quinze ans de suivi de vaches en finition »). Afin d’améliorer l’efficience alimentaire des bovins, plusieurs instituts de recherche et techniques se penchent sur le croisement avec la race angus (lire « Précocité des jeunes bovins et engraissement à l’herbe vont de pair »), à la recherche d’une meilleure précocité.

Lucie Pouchard

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Le commerce reste actif

En femelles, la semaine à venir ne devrait pas annoncer de grands changements. La dynamique commerciale est quelque peu refroidie par les inquiétudes portées sur la situation sanitaire, même si l’ensemble des opérateurs espère que la période festive sera préservée. En jeunes bovins, l’offre reste limitée alors qu’une période importante d’abattage se dessine pour la préparation des fêtes de fin d’année en Italie.