Les températures caniculaires pendant l’été 2020 ont encore réduit les prairies à de tristes paillassons. Selon Jean Jouzel, climatologue, membre du Giec (Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat), qui intervenait le 17 décembre 2019 lors du comice des innovations organisé par l’Institut de l’élevage à Paris, « l’augmentation moyenne des températures en France » devrait encore s’accompagner « d’une intensification des événements extrêmes comme les inondations ou les sécheresses ».

Pour enclencher un retour en arrière, il faudrait réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (GES). En attendant, les éleveurs s’adaptent. En Haute-Loire, un groupe d’éleveurs mise sur la diversité de la flore prairiale avec les prairies à flore variée (PFV). En partant de la composition de leur sol et de la fonction souhaitée de la parcelle (fauche, pâturage ou utilisation mixte), ils constituent un mélange en utilisant Capflor®, un logiciel conçu par l’Inrae. Celui-ci permet d’assembler les espèces complémentaires dont la concurrence vis-à-vis des ressources est limitée. La production est plus longue dans le temps et la valeur alimentaire « équilibrée ».

Sébatien Dallot, à Lourdoueix-Saint-Pierre, dans la Creuse, membre du « Groupe 30 000 » (1) du groupement de développement agricole de la Petite Creuse, fait évoluer sans cesse son système. Les essais conduits chez lui par la chambre d’agriculture, pour évaluer les performances des cultures d’été implantées derrière la récolte d’ensilage de méteil, confortent son choix de conserver le maïs même si les rendements et la qualité sont plus irréguliers ces dernières années. Pour autant, il préfère le semer le plus tôt possible (à la mi-avril) derrière une prairie. Il se dit tenté par les résultats du teff-grass, une graminée d’origine africaine qu’il pourrait implanter après la récolte des céréales, en juillet.

En Auvergne-Rhône-Alpes, par ailleurs, certains remettent au goût du jour les traditions comme l’utilisation des branches des frênes pour faire face au manque de fourrage au mois d’août.

(1) Groupe d’agriculteurs visant à mettre en place des systèmes et des techniques économes en produits phytosanitaires.