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L’agriculture cherche à se faire entendre

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© Jean-Luc Perreard

Par souci de neutralité, la plupart des intervenants extérieurs ont été relégués aux portes des écoles. Le monde agricole s’adapte pour continuer à se rendre accessible aux enseignants.

Lorsqu’en janvier 2018, le lycée Aragon d’Héricourt, en Haute-Saône, annonce l’organisation d’une conférence animée par L214 dans ses locaux, ce sont d’abord les élèves qui voient rouge. Leurs parents obtiendront l’annulation de l’événement en alertant la chambre d’agriculture du département. À la rentrée de septembre 2018, l’offensive végane dans les écoles s’intensifie pour atteindre son paroxysme en 2019.

L214 mène cette année-là pas moins de quatre-vingt-une animations et conférences dans les classes de primaire, de collège et des lycées, partout en France. Ses expositions, consacrées au rapport de l’homme avec les animaux et à ses choix alimentaires, ont été accueillies la même année par les centres de documentation et d’information (CDI) de quarante et un établissements scolaires. Un groupe Facebook privé a été créé afin de favoriser ses échanges, notamment avec les enseignants. Un kit de supports et d’animations pédagogiques est mis à leur disposition sur son site, et des diététiciens interviennent dans les classes pour défendre les modes de consommation végétariens et véganes. En un an, l’association anti-élevage parvient ainsi à doubler le nombre de ses interventions dans les écoles, consigne-t-elle dans son rapport moral de 2019. Sans aucun garde-fou.

Seuls les agriculteurs et leurs représentants vont crier au scandale. La présidente de la FNSEA est ainsi reçue en novembre 2018 par les équipes de Jean-Michel Blanquer. La Coordination rurale alerte le gouvernement à plusieurs reprises, en novembre 2018, « sur le danger que représente cette association qui voulait s’introduire dans les écoles afin de répandre de fausses informations ». Le syndicat est reçu à la mi-janvier 2019 par le ministère de l’Agriculture de Didier Guillaume. La Confédération paysanne réagit dans son livre Paroles paysannes, paru en janvier­ 2019, estimant que « ce n’est pas aux interprofessions viande et lait de faire de la pédagogie sur ce sujet dans les écoles­, encore moins aux associations animalistes ».

Face à ces protestations, le 17 janvier 2019, les ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture s’accordent à envoyer à tous les recteurs, inspecteurs d’académie, chefs d’établissement et directions régionales de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt une instruction rappelant les consignes en matière d’éducation à l’alimentation : « Les ressources pédagogiques utilisées en classe doivent avoir été élaborées en lien avec l’Éducation nationale. […] Ces ressources doivent s’appuyer sur le programme national de l’alimentation (PNA) et le plan national nutrition santé (PNNS). L’éducation à l’alimentation doit permettre aux élèves d’apprendre à bien se nourrir, au travers d’une alimentation saine et équilibrée. […] Les interventions proposées par L214 ne s’inscrivent pas dans ce cadre. »

Manque de fermeté du gouvernement

Cinq jours plus tard, Le Républicain lorrain publie un article intitulé « L’association L214 alerte les lycéens sur la consommation de viande », après une intervention, la veille, des antispécistes devant les élèves du lycée Saint-Vincent-de-Paul d’Algrange, en Moselle. L214 le confirme donc dans son rapport moral : l’association a poursuivi pendant quelques mois, après l’instruction gouvernementale, ses actions au sein des établissements scolaires. Désormais boutée hors des classes, elle continue à envoyer à tous les établissements sa revue publiée trois fois par an et gratuite pour les écoles. Alertés à nouveau début octobre 2020, les ministères de l’Éducation et de l’Agriculture ont réitéré leur rappel à l’ordre. Sans prononcer d’interdit, ils ont demandé aux chefs d’établissements de « privilégier » des intervenants issus des 150 associations agréées par l’Éducation nationale. Celles-ci se consacrent à la culture, la microfinance, la sécurité à moto, la tolérance, la famille… Aucune n’est dédiée à l’alimentation ou à l’agriculture.

Si les animalistes ne sont pas parvenus à leurs fins, leurs attaques ont laissé des traces. Le ministère de l’Éducation nationale refuse, notamment, de délivrer à Interfel l’agrément l’autorisant à intervenir dans les écoles comme elle l’a toujours fait auparavant. Après dix-huit ans d’actions pédagogiques dans les classes des écoles publiques, les diététiciens de l’interprofession des fruits et légumes frais ont ainsi dû cesser tout engagement, par décision du tribunal administratif de Paris du 28 mars 2018 (lire l’encadré p. 48). « Nous venons de transmettre une nouvelle note sur le sujet au ministre de l’Agriculture en lui demandant de faire valoir, auprès de son homologue de l’Éducation nationale, l’intérêt général de notre action pour les écoles, explique Laurent Grandin, président d’Interfel. Comme Julien Denormandie a pour l’instant réussi beaucoup de ses paris, nous espérons. À mon avis, le gouvernement agit ainsi pour éviter d’ouvrir la boîte de Pandore. Ils ont peur, en nous agréant, de susciter un défilé d’associations dont certaines qu’ils ne veulent pas voir. Aujourd’hui, nous sommes bloqués aux portes des écoles, alors qu’un bon nombre parvient encore à s’y exprimer. »

Car dans la réalité, la règle de l’agrément s’avère plus permissive.

Pression accrue des anti-viande et anti-lait

Il est admis, par exemple, que des parents d’élèves puissent intervenir de manière occasionnelle et bénévole devant une classe. Des animations de professionnels extérieurs sont aussi rendues possibles dès lors qu’elles sont validées par l’inspecteur académique ainsi que le chef d’établissement. Et les sorties dans des fermes peuvent être organisées si elles obtiennent cette double autorisation.

« Nous n’avons pas disparu des écoles, nous travaillons avec elles différemment », explique Marc Pagès, directeur général d’Interbev. À partir de sa plateforme monassiette-maplanete.fr, l’interprofession du bétail et des viandes met à disposition des enseignants des documents sur les métiers de la filière et l’équilibre alimentaire. « Notre but n’est pas de faire cours à la place de l’enseignant mais bien de l’alimenter quand il en a besoin. La crainte pour nous est qu’il s’appuie sur une information erronée. » Reste en effet à l’enseignant à s’orienter vers les bonnes sources. Interbev met également en relation éleveurs et professeurs pour des visites à la ferme. « Sur ce plan, la demande est en nette recrudescence. »

De la même façon, le Cniel, qui avertit « ne vouloir en aucun cas se substituer au corps professoral », propose des ressources pédagogiques sur son site pedago.produits-laitiers.com et des visites de fermes. Mais l’interprofession du lait n’intervient plus, non plus, dans les écoles, mis à part les lycées hôteliers pour lesquels elle bénéficie d’une dérogation. Leurs diététiciennes ont animé des ateliers devant les élèves jusqu’en juillet 2019, stoppés net par les plaintes, sur Twitter, d’Hugo Clément. Le végétarien dénonce alors sur le réseau social « l’infiltration du lobby du lait » dans l’école publique de sa belle-fille en classe de CE2, après qu’une « nutritionniste » mandatée par l’interprofession y est intervenue. Les ateliers auxquels il fait allusion ont depuis été arrêtés, précise le Cniel à La France agricole, « bien qu’ils aient été à chaque fois proposés en toute transparence auprès de l’enseignant et du chef d’établissement ».

Sortie scolaire annulée

Dans un autre registre, la coopérative bretonne Triskalia (le groupe alimentaire Eureden aujourd’hui) a cessé également ses visites dans les écoles depuis mai 2018 et une sortie scolaire dédiée au monde agricole (mini-ferme, drone, apiculture…) a été annulée par l’inspection de l’Éducation nationale. Cinq cents enfants des Côtes-d’Armor en avaient été privés à la suite des pressions locales et sur les réseaux sociaux de quelques parents opposés à la journée. L’Éducation nationale avait alors motivé sa décision par le souhait « d’apaiser les tensions » et de protéger les enfants d’une confrontation à d’éventuels manifestants.

De son côté, l’association Passion céréales, un organisme de communication au service des producteurs, des collecteurs et des acteurs de la première transformation, a trouvé, à la manière des farmers anglais, une formule recherchée par les enseignants. Outre la mise à disposition d’outils pédagogiques sur son site lecoledescereales.fr et d’une revue trimestrielle, elle propose via monchamp.fr de jumeler une classe et un agriculteur. Une cinquantaine d’exploitants ambassadeurs y proposent ainsi des partenariats recherchés par les professeurs. « L’échange se fait ensuite de manière connectée, par un système de visioconférence, entre l’agriculteur dans son champ, le plus souvent, et les élèves, tout au long de la vie d’une cé­réale, par exemple, qui aura été ciblée par l’enseignant », explique Philippe Dubief, agriculteur en Côte-d’Or et président de Passion céréales. L’échange se tient une fois par semaine. Les élèves transmettent leurs questions par mail auxquelles le paysan répond en direct. « Un agriculteur d’Eure-et-Loir, l’année dernière, est allé jusqu’à les inviter une journée entière sur sa ferme. » Dans la pratique, l’enseignant s’appuie sur l’exploitant aussi bien pour des sujets de géographie, de culture que de ma­thématiques.

Fermes partenaires

À Saint-Cyr-les-Vignes, dans la Loire, la ferme des Délices a trouvé une autre formule gagnante. Au sein du réseau des chambres d’agriculture Bienvenue à la ferme, l’exploitation laitière, qui fabrique des glaces et qui s’est lancée dans la méthanisation, a aussi développé des activités agritouristiques : elle dispose de sa ferme pédagogique à destination des écoles, d’un labyrinthe de maïs et d’une ferme découverte pour le grand public. L’agricultrice Céline Giraud, en charge de ces activités, accueille environ 2 000 à 3000 élèves par an (hors crise sanitaire). Comme dans la plupart des départements, la chambre d’agriculture de la Loire a développé un partenariat avec son inspection académique. « Nous avons, ensemble, mis au point une charte de qualité destinée à faire que les visites répondent aux programmes scolaires et aux attentes des enseignants. » Céline Giraud intervient aussi à la demande des chefs d’établissement dans les classes. « Le Cniel nous accompagnait auparavant, il ne s’en occupe plus. Mais ces visites fonctionnaient tellement bien dans la Loire que nous avons tout entrepris pour les maintenir. Jeunes agriculteurs a pris le relais. »

À la recherche du savoir agricole

Outre les chambres d’agriculture, les syndicats agricoles développent ainsi leurs propres actions éducatives de façon ponctuelle ou récurrente, comme l’opération Fermes ouvertes, initiée par la FNSEA, qui permet aux élèves de découvrir la vie de l’exploitation. Sous l’égide du ministère de l’Agriculture, la semaine du goût, en octobre, donne aussi l’occasion chaque année d’animations sur les fermes.

C’est avec le soutien de son village que Laurent Le Pape, éleveur à Beuzec-Cap-Sizun, dans le Finistère, et président de l’Ogec (organisme de gestion de l’enseignement catholique) de l’école Notre-Dame de la Clarté, a de son côté refait le lien entre enseignants et monde agricole­. Le projet, qui a obtenu l’accord du maire et de la directrice de l’établissement, permet aux cinquante élèves de cultiver leurs pommes de terre sur 3 000 m2 d’un terrain en friche de la mairie­. Sera par la suite organisée une grande soirée raclette au sein du village, dont les bénéfices serviront à financer les sorties scolaires. « C’est une petite école rurale du bout du monde, avec trois classes dites “multiniveaux”, explique Laurent Le Pape. Elle compte moins de cinquante familles dont seulement trois d’agriculteurs. Cela me rend fier que ce projet autour de la terre soit aussi fédérateur. Les parents d’élèves y ont adhéré, quand habituellement il faut sans cesse démarcher pour pousser­ les projets. C’est une réussite qui réunit, comme autrefois, toutes les générations. »

À Pau, l’enseignant Antoine Maldonado recherche ce type d’initiative. Il a fondé, à l’automne 2018 avec un collègue, le réseau Profs en transition. Celui-ci compte aujourd’hui 27 000 adhérents dans toute la France. Ils se mobilisent pour enseigner les thématiques environnementales, alimentaires, agricoles… Tout ce qui intéresse la transition, « parce qu’on manque de ces matières dans nos programmes ». Le réseau privilégie les rencontres de terrain. « Dans le domaine agricole, nous sommes toujours à la recherche d’agriculteurs susceptibles de nous ouvrir leurs fermes. L’école n’est plus dépositaire du savoir. Par leur expertise, les agriculteurs vont nous permettre d’aider les enfants, aussi bien citadins que ruraux, à reprendre contact avec le vivant. »

Rosanne Aries

Laurent Grandin, d’Interfel : « Le gouvernement craint d’ouvrir la boîte de Pandore en nous donnant l’agrément. » © Interfel
Sur la ferme pédagogique des Délices, l’éleveuse Céline Giraud reçoit 2 000 à 3 000 élèves par an à Saint-Cyr-les-Vignes, dans la Loire. Le réseau Bienvenue à la ferme, dont elle fait partie, travaille en direct avec l’inspection académique et les enseignants. © Céline Giraud
Ambassadrice de Passion céréales, l’agricultrice Vanessa Vialette fait découvrir aux élèves les rouages de la moissonneuse-batteuse à Virac, en Occitanie. © Passion Céréales
Jumelage entre écoles et fermes

Les Anglais ont trouvé la solution pour renforcer les échanges entre les écoliers et les agriculteurs. En 2017, l’association Leaf Education a initié un système de jumelages, baptisé Farmer time. Depuis, six cents fermes et écoles entretiennent des liens privilégiés : l’initiative permet aux écoliers de discuter régulièrement, en direct, avec leur agriculteur jumelé, depuis leur salle de classe, via une plateforme d’appel vidéo telle que FaceTime ou Zoom. Culture, élevage, alimentation, saison, etc., toutes les thématiques sont abordées sur des créneaux courts adaptés à l’emploi du temps de chaque exploitant. Leaf Education recherche aujourd’hui deux cents agriculteurs pour répondre à toutes les classes en attente d’une ferme-sœur.

Témoin
« L’école n’est pas un lieu pour commercer » Aude Collignon, directrice d’établissement en Saône-et-Loire, professeure des écoles

« Un enseignant ne peut pas décider seul d’une sortie ou d’une intervention dans sa classe. Il doit avertir au préalable le directeur ou la directrice de son établissement qui, de son côté, doit obtenir, dans certains cas, une autorisation auprès de l’inspecteur d’académie. Celui-ci vérifie la neutralité de l’événement.

Il existe cependant une marge entre la règle et la réalité. Dans le cas d’une intervention ponctuelle, l’autorisation de l’académie n’est pas nécessaire. Si les interventions sont répétées, elles s’inscrivent alors dans un projet pédagogique, et ce cadre impose une autorisation. Mais entre ces deux situations, la marge est grande et permet parfois à des personnes extérieures de témoigner sans accord devant les élèves.

Pour l’association L214, la situation est toutefois différente : le ministère de l’Éducation n’autorise pas ses interventions dans les écoles. Sa présence relève, selon moi, de la faute professionnelle.

D’une façon générale, l’école doit rester neutre, elle n’est pas un lieu pour commercer. Dans le passé, à des fins pédagogiques, il m’est arrivé de faire visiter à mes élèves l’exploitation de mon mari, producteur de légumes, située en face de l’école. Les visites se faisaient en partenariat avec Interfel. Mais l’interprofession des fruits et légumes ne dispose plus d’agrément. Donc par souci de neutralité, je ne réalise plus ces visites. Les élèves continuent en revanche de découvrir l’agriculture, notamment lors des “fermes ouvertes” de la FNSEA.

Il arrive aussi que des petits malins nous interpellent pour s’exprimer devant les classes en précisant “avec le soutien de l’Éducation nationale”. Mais cette seule mention ne suffit pas. Il faut être vigilant.

Concernant les kits pédagogiques, très à la mode, mis à disposition par des associations ou des filières sur leur site, c’est à l’enseignant de faire son choix, sans restriction si ce n’est que ces ressources doivent respecter le programme officiel. Les manuels scolaires sont aussi en général choisis par l’enseignant. Il est très rare d’en trouver un sans un chapitre ou une phrase non conformes à vos idées. Quand je découvre certaines leçons de ma fille collégienne, je reste sans voix. L’agriculture n’est hélas pas la seule exposée aux dérapages. En cas d’erreur, je la fais remonter à l’académie. »

Témoin
« À nos côtés, agriculteurs et enseignants travaillent ensemble » Marie-France Barrier, fondatrice de l’association Des enfants et des arbres

« Notre objectif est de convier chaque année des milliers d’écoliers et collégiens à planter des arbres avec et chez des agriculteurs de leur département.

Quand j’ai lancé l’association Des enfants et des arbres, il m’a fallu d’abord constituer un kit pédagogique à destination des élèves. Je me suis adressée au réseau Prof en transition, présent sur Facebook, qui s’était montré intéressé par ma démarche. En trois ans, ce collectif engagé sur les thématiques du développement durable est passé de 3 à 27 000 enseignants. Ensemble, nous avons ainsi travaillé à ajuster un outil.

J’ai, au départ, réalisé que les enseignants avaient une lecture basique du monde agricole. Une lecture plutôt clivante avec d’un côté des vertueux et de l’autre des pollueurs. Ces idées dépassent en réalité le seul monde enseignant. Pour beaucoup, prendre soin de la terre signifie compost et permaculture. Ensemble, nous avons convergé­ vers la nécessité d’un projet de réconciliation. Au­jourd’hui, nous continuons à adapter le kit.

L’association a accompagné à ce jour 28 agriculteurs et planté près de 4 500 arbres. Nous travaillons avec tous types d’exploitants partout en France. Nous sommes allés récemment chez un céréalier du côté de Mu­lhouse. Ses champs sont situés à proximité de pavillons. Il a d’abord présenté son projet de haies à l’école du village, les enfants sont venus chez lui, et désormais ils y retournent avec leurs parents. La semaine dernière, nous étions chez un maraîcher bio dans la Beauce. Le lendemain, une céréalière voisine m’a contactée. Elle s’apprête à présenter son propre projet au maire du village.

À chaque fois, l’agriculteur se met en contact avec l’école de sa commune, puis son chef d’établissement demande l’autorisation de l’académie pour la sortie. Nous facilitons les échanges et nous apportons jusqu’à 2 000 euros par exploitation, ce qui correspond à environ 300 mètres de haies linéaires ou 180 arbres en cœur de parcelles.

Planter les arbres, c’est de l’argent et du temps. En général, les agriculteurs n’ont ni l’un ni l’autre. Si la société civile leur apporte un peu des deux au lieu de s’impatienter face au monde agricole, la réconciliation est peut-être au bout du chemin. »

desenfantsetdesarbres.org

Les fruits et légumes frais, privés d’agrément par l’éducation nationale

D’un côté le ministère de l’Agriculture demande à l’interprofession des fruits et légumes frais, Interfel, de contribuer aux enjeux de santé publique en renforçant, notamment, ses actions d’information à destination des jeunes. Et de l’autre, le ministère de l’Éducation nationale refuse de lui délivrer l’agrément requis pour intervenir auprès des élèves…

L’affaire a débuté en 2012, alors que les diététiciens de l’association se rendaient depuis douze ans dans les écoles, sans autorisation, car non exigée à l’époque. Quelques rectorats académiques régionaux se sont subitement opposés à leur présence. Interfel a donc procédé à une demande d’agrément, définitivement refusée en 2018 sur décision de justice. Son intérêt général n’est pas reconnu, quand bien même le programme européen « Fruits et légumes à l’école » réclame d’intervenir dans les classes. En conséquence, le budget qui lui est alloué est peu consommé par la France. « La situation est renforcée par une surtransposition des conditions d’accès par l’administration française, déplore Laurent Grandin, président d’Interfel. C’est absurde. Nous demandons aux ministres de l’Agriculture et de l’Éducation d’accorder leur violon. »

© Amélie Roche
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