Amplifiée depuis 2007, la volatilité des marchés agricoles a transformé la commercialisation des céréales. Si de nombreux agriculteurs choisissent de déléguer leur gestion de risque de prix au collecteur, d’autres préfèrent assumer eux-mêmes leur commercialisation. De multiples stratégies existent pour limiter son exposition aux fluctuations. À chacun de trouver celle qui lui convient, en fonction de ses objectifs.

Rester sur le physique et vendre au prix de marché ? Pascal Vauzelle a choisi d’inscrire la vente de son blé de force sur le long terme, au moyen d’un contrat pluriannuel, via sa coopérative, dans la filière CRC (culture raisonnée contrôlée) qui lui assure un prix fixe sur une certaine période.

Et pourquoi pas se couvrir avec les outils du marché à terme (MAT) ? Seul, ou par le biais de son collecteur ? Arnaud Gomichon a fait le choix d’un outil proposé par sa coopérative : les options, qui lui permettent de profiter des hausses ou de se protéger des baisses tout en sécurisant un prix.

À l’inverse, Christophe Hesnault dispose de son propre compte sur les marchés à terme, ouvert auprès de sa banque, qui lui permet d’intervenir seul sur le MAT. Il anticipe ses ventes, fixe ses prix longtemps à l’avance, parfois plus d’un an avant récolte, lorsqu’ils sont favorables.

Chaque stratégie s’adapte à ses contraintes, à l’année, à ses connaissances, au temps que l’on peut y consacrer, et rien n’empêche de diversifier les outils, pour profiter des avantages de chacun, tout en limitant les inconvénients.

Justine Papin, Florence Mélix et Blandine Cailliez