Plus répandu sur les maïs ou les betteraves que pour le blé ou l’orge, le désherbage mécanique des céréales n’a pas dit son dernier mot et n’est plus l’apanage des exploitants en bio. Les constructeurs ne cessent de faire évoluer leurs outils, en proposant des réglages toujours plus précis, réalisés depuis la cabine avec son lot d’électronique embarqué… Ainsi, l’offre en machines a pris un certain virage technologique, comme le reste des agroéquipements.

Cependant, cette technique ne fait pas tout et le désherbage mécanique est dépendant des conditions climatiques. L’intervention doit se faire au bon moment, dans de bonnes conditions, et être suivi de plusieurs jours de beau temps pour maximiser les chances de réussite. Or, les hivers pluvieux et les printemps humides n’aident pas. Arvalis estimait, en 2012, que le nombre de jours disponibles (au moins quatre années sur cinq) pour la réussite d’un désherbage mécanique sur blé entre les stades 3 feuilles et tallage était proche de zéro sur une grande partie du Bassin parisien, et au mieux de un à trois jours sur la moitié nord de la France. L’institut montrait toutefois qu’en prélevée, le nombre de jours disponibles était un peu plus élevé (entre un et trois pour le Bassin parisien et entre quatre et six pour le nord de la France).

Au printemps, les fenêtres d’intervention sont plus larges mais, pour les cultures d’hiver, les adventices peuvent être déjà bien implantées. En effet, l’autre facteur de réussite est d’agir sur des adventices les plus jeunes possible. Hormis la bineuse, les outils de désherbage­ mécanique sont souvent plus efficaces dès l’apparition des premières feuilles à éliminer sur les plantes.

Nous entamerons ce dossier par les reportages de trois agricultrices et agriculteurs qui ont partagé leurs solutions et leurs problématiques. Nous ferons ensuite un point technique sur les outils présents aujourd’hui sur le marché.

Pierre Peeters