« Moins de 1 % des arthropodes sont considérés comme des nuisibles », informe l’entomologiste Johanna Villenave-Chasset (1). Un chiffre éloquent qui sous-entend que lorsqu’il y a des pullulations de bioagresseurs, c’est souvent qu’on a laissé leurs plantes hôtes se développer et que leurs prédateurs ne sont pas favorisés dans le milieu.

Or, c’est là tout l’objet de la lutte biologique par conservation. « On cherche à développer l’installation et le maintien des ennemis naturels des ravageurs par la modification de l’environnement paysager des parcelles et/ou des pratiques agricoles », indique Véronique Tosser, d’Arvalis.

Bien que l’état des connaissances soit encore partiel, de nombreuses études ont déjà montré ces dernières années que l’implantation de haies et de bordures de champs diversifiées, si possible en créant des trames vertes, sont un atout indéniable pour préserver la biodiversité fonctionnelle. L’objectif étant de maintenir le niveau des populations de bioagresseurs sous le seuil de nuisibilité.

Ainsi, à titre d’exemple, en fonction des espèces considérées, une larve de chrysope peut consommer de 500 à 1 000 pucerons pour assurer sa croissance et celle de coccinelles de 100 à 2 000 proies. En outre, si l’on ne connaît pas encore toute la guilde des auxiliaires des cultures (voir les principaux dans l’infographie ci-contre), ils sont loin de se résumer aux insectes, aux arachnides, voire aux nématodes. Certains oiseaux, mammifères, amphibiens, reptiles… peuvent aussi jouer un rôle très important dans la régulation des nuisibles. C’est d’ailleurs ce qu’ont pu observer sur leurs exploitations « accueillantes »

Jacques Hicter et Pascal Pineau.

(1) Auteur de Biodiversité fonctionnelle, protection des cultures et auxiliaires sauvages, aux Éditions France agricole.