Le retour au premier plan, au début du XXIe siècle, des pays voisins de la mer Noire a bousculé le paysage des marchés céréaliers. La Russie, plus grand pays du monde, l’Ukraine, plus vaste État d’Europe après la Russie, et le Kazakhstan, grand comme cinq fois la France, qui paraissaient si loin, déversent du jour au lendemain leur blé à nos portes. À la jonction de l’Asie centrale et de l’Europe, ces trois acteurs économiques se distinguent dans la course à l’exportation mondiale de céréales. Et pour cause, sur le seul cas du blé, ils concentrent 15 % de la production et 20 % des exportations mondiales mais ne représentent que 3 % de la population mondiale.

Le réveil d’une puissance oubliée

Avant la révolution russe de 1917, la mer Noire représentait 50 % des exportations mondiales de céréales. Au moment de la révolution bolchevique, la zone a vu son agriculture et son commerce s’écrouler et a laissé la place aux États-Unis et à l’Argentine notamment. Alors que les années 1990 furent celles des crises, le nouveau millénaire a marqué – pour la Russie et l’Ukraine en particulier – une période de recherche de rétablissement de leur puissance.

Désormais, les pays de la mer Noire représentent à eux seuls près de 173 millions de tonnes de céréales produites, dont 80 Mt sont exportées. Plus qu’un réveil, il s’agit d’une envolée exponentielle portée par des investissements étrangers. La France ne peut sous-estimer cette réorganisation des forces en place sur les marchés. Alors, les pays de la mer Noire sont-ils des concurrents ou peut-on travailler main dans la main à l’export ? Une des voies d’adaptation à ce bouleversement réside sans doute dans la mise en place de partenariats.

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Céréales : L’irrésistible ascension de la mer Noire