«Le soleil, c’est de l’énergie perdue, pourquoi ne pas s’en servir ? », interrogent Roselyne et Daniel Delongle, éleveurs de veaux à Brains-sur-les-Marches, en Mayenne. Au mois de mai 2017, ils ont installé un système de panneaux solaires thermiques afin de chauffer l’eau servant à préparer l’aliment pour 588 places Denkavit. « Nous avons besoin de beaucoup d’énergie pour cela, décrit Daniel, c’est-à-dire environ chaque année 150 000 kWh ou 15 tonnes équivalent pétrole (TEP), ou encore 12 tonnes de propane ! » Ce nouveau système s’ajoute à ceux existants, à savoir une alimentation par gaz propane et une autre à base de bois déchiqueté. « Nous gardons ces trois modes de chauffage, cela nous sécurise et nous permet de jouer pour faire baisser les coûts. » L’installation solaire thermique fait suite aux difficultés rencontrées pour s’approvisionner en bois. « Nous avons acheté la chaudière biomasse en 2008. Nous avons d’abord utilisé du bois local en exploitant les haies de l’exploitation pendant cinq ans, précise Daniel. Une fois les haies épuisées, nous sommes passés par de la fourniture. Mais le bois est devenu très cher, puis finalement introuvable. »

Tubes sous vide

Roselyne et Daniel ont trouvé une alternative avec l’installation solaire thermique de l’entreprise Fengtech. Il s’agit de dix-sept panneaux montés en deux séries de dix et sept. Ils comportent des tubes sous vide exposés au rayonnement solaire direct, diffus et réfléchi, qui chauffe l’eau circulant à l’intérieur. Celle-ci alimente directement le ballon de production d’eau chaude de l’exploitation. L’eau froide entre à une extrémité de la série, est chauffée et poussée naturellement dans un circuit en serpentin et de panneau en panneau pour atteindre une température de plus en plus élevée. C’est l’eau la plus chaude, en fin de série, qui est envoyée vers le ballon.

« En fonction de la météo, l’eau est plus ou moins préchauffée, puis la chaudière complète le processus pour arriver à température. Parfois, le solaire suffit, décrit Roselyne. L’hiver, les températures minimales d’eau obtenues vont de 15 à 40 degrés, l’été, elles sont d’au minimum 50 à 90 degrés. Le mélange de farine se réalise, lui, à 70 °C. L’économie d’énergie ainsi réalisée paye l’équipement. »

Au total, l’installation a coûté 52 000 €, béton compris. En effet, de légères fondations sur 15 cm de profondeur ont dû être réalisées. La dalle est longue de 50 m sur 2,50 m de large. Un revêtement de tôle est également apposé pour donner du reflet et davantage de rayonnement. « L’installation n’a pris que 15 jours, précise Daniel. Il n’y a pas de maintenance ou d’entretien particulier à réaliser. Nous avons prévu un amortissement sur cinq ans, mais cela pourrait être plus rapide, se réjouit-il, peut-être trois ans et demi ou quatre ans. » En fonction de la saison pendant laquelle tombe le vide sanitaire, l’économie d’énergie annuelle réalisée est calculée pour atteindre 40 à 45 %. Roselyne et Daniel espèrent ainsi économiser 6,5 à 7 TEP. « Rien ne vaut le concret », Daniel en est convaincu. « Les visites de ferme nous donnent des idées, comme ces panneaux. Nous recevons aussi des visites, il y a de la curiosité. » Et Roselyne de rebondir avec fierté : « Lui va toujours de l’avant, il est toujours à visiter. » Toute cette énergie a certainement permis aux éleveurs de trouver des marges de progrès.