Plus de 45 m³ de trémie, 6 roues basse pression et un gros V8 pour propulser le tout, ce sont les mensurations de l’ensileuse de Francis Desimpel, et son fils Julien, à la tête d’une entreprise de travaux agricole située à Champ-sur-Barse, dans l’Aube.

L’ETA se focalise surtout sur l’ensilage avec plus d’une dizaine de machines. Les ensileuses disposent de têtes de récolte variées (pick-up, bec à maïs, coupe directe…) pour ensiler les différentes cultures possibles et ainsi faire fonctionner les machines une grande partie de l’année.

Un chantier complet

La machine a été conçue et fabriquée en 1993 par la société belge Dewulf, surtout connue pour ses matériels à pommes de terre. À l’époque, l’entreprise souhaitait une ensileuse avec un grand volume de caisse. Le but était de reprendre le principe des débardeuses à betteraves pour l’adapter à l’ensilage. Avec sa caisse dépassant les 45 m3, l’idée est de remplir un semi-remorque en une fois. De plus, une grande capacité permet aussi de gérer un chantier d’ensilage avec moins de bennes. « Parfois, deux bennes de 16 tonnes à ridelle peuvent suffire », explique Francis. Avec la technique du débardage, le tracteur n’est pas obligé d’entrer dans la parcelle. En conditions humides, cela permet de garder des routes propres et limite le tassage dans les champs. En effet, la machine est équipée de deux pneus de 1050/50 R32 et quatre pneus de 1050 à l’arrière. Les trois essieux sont moteurs avec une transmission hydrostatique. La machine est articulée entre le moteur et la caisse. De plus, les deux essieux arrière sont directeurs et malgré un gabarit imposant, elle reste plutôt maniable.

L’ensileuse a été réalisée par Dewulf, mais toute la partie destinée à l’ensilage, des rouleaux d’alimentation à la goulotte d’éjection ainsi que la cabine proviennent d’une ensileuse New Holland. Pour le reste, le châssis reprend celui des débardeuses à betteraves produites par la marque belge. L’ensileuse est motorisée par un bloc V8 Scania. Fort d’environ 600 ch, il offre d’ailleurs un ronronnement particulier à l’ensemble. Cependant, quelques centaines de chevaux supplémentaires ne seraient pas de trop, selon son propriétaire.

Pour décharger la trémie, l’arrière de la caisse s’élève grâce à deux vérins. Elle peut ainsi vider directement dans une benne, voire un semi de camion. Le fond de la caisse reçoit un tapis mouvant. Une télécommande permet de piloter depuis l’extérieur la vidange de la caisse, ainsi le chauffeur ajuste plus facilement le remplissage des remorques.

Aujourd’hui, la machine est moins utilisée. Elle sert principalement en complément pendant les périodes chargées. Elle est également utilisée pour la récolte de luzerne destinée aux usines de déshydratation. Dans ce cas, ce sont des semi-remorques qui assurent le transport jusqu’à l’usine. La trémie est dimensionnée pour contenir environ un semis. Elle réalise environ 300 heures par an. « C’est une grand-mère », comme la surnomme affectueusement Francis.