«Avec le transbordeur, on gagne plus de 50 % de débit de chantier », se félicite Hubert Lavallard. Basé près d’Arras, à Lagnicourt-Marcel (62), cet entrepreneur de travaux agricole a investi, en 2010, dans une ancienne intégrale Ropa Tiger de 2001. Elle a été totalement reconditionnée par les équipes d’Hubert Lavallard et Ropa France.

Le projet a vu le jour lorsqu’Hubert est passé à des arracheuses à betteraves de type intégrale. Tel un transbordeur à céréales, la machine réalise les navettes entre l’arracheuse et le dépôt de betteraves, situé parfois à plus de 500 m de la parcelle. Équipé de deux intégrales Ropa Tiger 5, Hubert réalise environ 800 ha par machine et par campagne. « Sans le transbordeur il serait difficile de faire autant d’hectares. » En effet, cette machine évite à l’intégrale de perdre du temps en allant au dépôt. Dans les grandes parcelles, l’arracheuse ne s’arrête pratiquement pas et vide dans le transbordeur en roulant. Lors de notre passage, le dépôt de betteraves était situé deux parcelles plus loin. L’efficacité de cette organisation de chantier prend alors tout son sens. Le temps que le transbordeur fasse l’aller-retour vers le dépôt, l’intégrale avait pratiquement rempli sa trémie. Pour son chantier, Hubert n’a plus besoin de benne. « Je peux venir arracher quand je veux, même le soir sans contraindre l’agriculteur à sortir sa benne », précise-t-il. Les fenêtres d’intervention sont donc multipliées.

Mieux qu’une benne

« La débardeuse va là où s’arrêtent les bennes », s’amuse Hubert. Dans les conditions parfois difficiles de fin de saison, cette machine est un gros avantage car elle est munie de trois essieux en pneumatiques basse pression. Elle a également la possibilité de rouler en crabe. « Il est pratiquement impossible de la planter », précise Aurélien, conducteur de l’intégrale. Malgré un gabarit relativement impressionnant, l’appareil reste maniable. Ses 3 essieux sont directeurs et l’engin est articulé entre la trémie et la cabine. En outre, contrairement à une benne, une partie de la terre présente avec les betteraves est éliminée par l’élévateur lors du déchargement. Avec cette machine, le dépôt de betterave en bout de champs est beaucoup plus régulier. Il est ensuite plus simple pour le déterreur de reprendre le silo lors du départ pour la sucrerie. Et pour certains dépôts qui restent longtemps et sont paillés pour diminuer les risques, un silo régulier sera plus facile à couvrir.

Une seconde vie

L’ancienne intégrale a été complètement dépouillée de ses organes d’arrachage. Le bâti arracheur, les turbines et l’élévateur ont été retirés. La trémie a été modifiée pour permettre à l’intégrale de vider plus facilement à l’intérieur. Des tubes ont été rajoutés dans la largeur pour donner de la rigidité à l’ensemble. Une ridelle amovible s’abaisse et se relève avec deux vérins. « Cela permet de ne pas vider trop haut et ça facilite la vidange de la trémie de l’arracheuse. » Un distributeur hydraulique actionne la ridelle. Pour le déchargement, la machine conserve un élévateur latéral combiné à un fond mouvant, comme une intégrale. L’appareil affiche un poids à vide de 14 t. Enfin, un réservoir à gasoil a été ajouté à l’avant de la machine. « On a pris un ancien réservoir de déterreur auquel on a rajouté une pompe électrique », explique Aurélien. Les 1 400 l de GNR offrent plus d’autonomie au chantier.