C’est un match Belgique-Allemagne qui nous attend pour ce test organisé par nos confrères néerlandais de Boerderij, en partenariat avec La France agricole et nos collègues allemands de Top Agar. Quatre constructeurs se partagent le marché de l’arracheuse de pomme de terre : deux belges, AVR et Dewulf, et deux allemands, Grimme et Ropa. Ces constructeurs ont des destins croisés dans leurs pays respectifs. AVR et Dewulf sont situés à quelques kilomètres l’un de l’autre, à Roeselare (Flandres). Quand à Grimme, fabricant historique d’arracheuses de pommes de terre, et Ropa, qui officiait dans la récolte de betteraves, ils se sont lancés respectivement dans la betterave (2002) et la pomme de terre (2012) afin de compléter leur catalogue. Ils sont donc désormais en concurrence frontale sur ces deux cultures industrielles.

Conditions de récolte favorables

Le test se déroule fin septembre au nord des Pays-Bas, sur les terres de la station d’essai de WUR (université de Wageningen). Les ingénieurs et techniciens de la station assurent l’évaluation de la qualité des pommes de terre ainsi que les mesures de puissance. Le chauffeur de WUR, habituellement chargé de l’arrachage, s’occupe du pilotage et du réglage de la machine, après une formation délivrée par un représentant du constructeur. Nous avons choisi de travailler avec des pommes de terre de fécule, car elles sont plus sensibles aux chocs. Le rendement attendu de la parcelle d’essai est de 48 t/ha. Les tubercules contiennent en moyenne 20,9 % d’amidon. Les conditions de récolte sont bonnes et les sols suffisamment portants.

Les machines sont évaluées selon plusieurs critères dont le design et la qualité de construction, le poids et la pression au sol, le traitement des tubercules, la qualité des tubercules et les besoins en puissance.

Qualité de construction. Elle est évaluée par un jury composé de spécialistes de la mécanique et des matériaux. Ils ont noté la qualité des finitions et de la peinture, et observé tous les détails tels que le serrage des flexibles. Enfin, une attention toute particulière a été portée à la maintenance et à la sécurité des utilisateurs travaillant sur la table de tri.

Poids et pression au sol . Pour ce travail de fourmi, nous sommes épaulés par l’équipe de Michelin-Pays-Bas qui assure les mesures. Les poids sont vérifiés au niveau de chaque roue à l’aide des pesons calibrés par Michelin. Compte tenu de la largeur des pneumatiques, il a fallu redoubler d’ingéniosité pour éviter qu’une partie du poids des pneumatiques ne touche le sol. La mesure est réalisée pour chaque roue avec la trémie vide, puis avec la trémie pleine.

Les techniciens ont ensuite mesuré la surface de l’empreinte laissée par chaque roue en utilisant une poudre de marquage. En divisant le poids de chaque roue par la surface de son empreinte, nous obtenons la pression au sol, en kg/m2. Il est couramment admis qu’en dessous d’une pression de 1 kg/m2, il n’y a pas de dommage infligé au sol.

Qualité de la récolte. L’évaluation de la qualité de la récolte est un point important de ce comparatif. Les pommes de terre destinées à la féculerie étant les plus sensibles aux dommages, elles mettent en lumière tous les défauts des arracheuses. Nous prélevons douze échantillons de 20 kg de tubercules dans les trémies de chacune des concurrentes. Un travail de fourmi commence alors pour analyser ces 48 échantillons témoins. Quatre échantillons sur les douze sont analysés immédiatement après la récolte pour déterminer la tare-terre et la tare-fanes. Quatre autres échantillons sont triés pour déterminer le nombre de blessures et les classer par intensité. Enfin, les quatre derniers échantillons sont stockés pendant deux mois puis analysés en novembre pour calculer l’indice de qualité et évaluer les dégâts. Pour déterminer les pertes à la récolte, il n’y a pas d’autre solution que de marcher derrière la machine et collecter tous les tubercules mal arrachés ou tombés à travers les tapis à tétines. Ce travail est confié aux techniciens de la station d’essai. Afin d’évaluer le traitement des tubercules, nous utilisons la pomme de terre électronique de la station d’essai (voir encadré).

Puissance . La société allemande GKN Walterscheid, spécialiste des arbres à cardans, se charge de mesurer la puissance nécessaire à la prise de force et en traction. Elle installe un capteur entre la prise de force du tracteur et celle de l’arracheuse pour mesurer cette puissance. La puissance en traction est déterminée par un dynamomètre. Un second tracteur est placé devant celui qui est attelé à l’arracheuse et le dynamomètre est installé sur le câble qui relie les deux tracteurs entre eux.

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Arracheuses traînées : Quatre matériels déportés à deux rangs à l’épreuve