Au Gaec de la Bodinais, à la Chapelle-Thouarault, en Ille-et-Vilaine, Jean-Marie, Pierre et leur père Pascal Trinquart ont robotisé la traite en 2019. Ils ont installé les derniers-nés de la société DeLaval : les VMS V310. La nouveauté de ce modèle est l’intégration d’un dispositif de mesure hormonale. « Au début, nous voulions la version précédente, complétée par le dispositif d’analyse Herd Navigator, précise Jean-Marie. Mais s’équiper avec les nouveaux robots revenait deux fois moins cher. » Il faut, en effet, compter 50 000 € pour Herd Navigator qui propose, en plus de la progestérone, d’autres analyses (corps cétoniques ou urée, par exemple), relié à un système de traite conventionnelle ou jusqu’à 8 robots en même temps. Seul l’aspect reproduction, celui le plus utilisé dans Herd Navigator, est intégré aux VMS V310. Le système coûte environ 12 000 € par robot. L’analyse se fait par colorimétrie, à partir d’une goutte de lait, et indique le taux de progestérone du lait en nanogrammes par litre.

Zootechnie accompagnée

L’onglet reproduction est directement intégré au logiciel de gestion de troupeau du robot. Anœstrus, informations sur la gestation, suivi des inséminations, kystes foliculaires, lutéaux et mortalité embryonnaire sont indiqués directement. En cliquant sur une rubrique, le détail apparaît. « Un suivi est effectué par l’entreprise Delaval. Une vétérinaire est venue un mois après la mise en place du module. Pendant une journée, elle nous a donné des explications sur son fonctionnement et ses résultats. Nous sommes également accompagnés pour le suivi sanitaire des animaux et les conséquences sur la gestion du troupeau. Le logiciel intuitif et les alarmes bien conçues sont pratiques pour ceux qui n’ont pas de connaissances zootechniques particulières. Les recommandations proposées par le logiciel sont souvent pertinentes. »

Chaleurs silencieuses

Pour Jean-Marie, le principal intérêt du système réside dans la détection des chaleurs silencieuses. « Notre troupeau est très calme et celles-ci compliquaient l’amélioration de la reproduction. Désormais, nous les repérons et nous sommes à même de les différencier des anœstrus. Nous pouvons donc optimiser les traitements hormonaux. Cela devrait réduire notre IVV (intervalle vêlage-vêlage). » Le dispositif permet aussi de constater rapidement un échec à la fécondation. « Nous continuons de pratiquer des échographies, même si jusqu’à présent le système ne s’est jamais trompé, souligne Jean-Marie. Mais cela ne fait que quelques mois que nous nous en servons, et la confiance, cela se mérite ! »

Le seul consommable est une cassette qui contient les bandelettes pour les échantillons. Il faut la changer toutes les 400 analyses. Le rythme d’analyse varie selon l’état du cycle de la vache. Pour une vache normalement cyclée, l’analyse se fait du vingtième jour en lactation jusqu’au cinquante-cinquième après une IA fécondante.

40 euros par lactation

Autour de la période de chaleur, entre le vingtième et le vingt-deuxième jour, l’analyse est réalisée à chaque traite, puis tous les cinq jours. Lorsqu’une vache souffre d’un problème de kyste ou d’anœstrus, elle s’effectue tous les deux jours. Par ailleurs, il est possible d’en faire après trois ou quatre mois de gestation afin de confirmer cette dernière. Chacune d’elle coûte environ 50 centimes, soit un total de 40 € par vache et par lactation en moyenne.

Gildas Baron