Les productions bovines sont souvent pointées du doigt pour les émissions de méthane qui y sont associées. En France, les ruminants émettraient ainsi environ la moitié de ce gaz à effet de serre, vingt-cinq fois plus réchauffant que le CO2.

 

Pour réduire cette pollution, Cargill prévoir de commercialiser d’ici à la fin de 2022 la solution développée par la start-up britannique Zelp, dont l’acronyme signifie zero emission livestock project (projet d’élevage zéro émission). « Il s’agit d’un licol non couvrant et non intrusif, et pas d’un masque comme dit ici ou là », précise Cargill France.

 

Contrairement à ce qui est parfois avancé, ce n’est pas des flatulences des vaches qu’est issu ce méthane, mais des éructations, c’est-à-dire que ce sont les rots, et non les pets des vaches qui émettent ce gaz. 95 % des émissions proviennent ainsi de la gueule ou des naseaux des animaux. Les derniers essais réalisés par Zelp auraient abouti à une réduction de 53 % des émissions de méthane. Le dispositif piège le méthane dans un filtre, puis le transforme en dioxyde de carbone (CO2) au moyen d’une réaction d’oxydation catalytique.

4 ans de fonctionnement sans recharge ni interruption

Le licol s’installe simplement et sans assistance, en quelques secondes. Zelp recommande de le mettre en place sur des animaux âgés de six à huit mois au minimum. L’outil est ajustable, pour être installé quelle que soit la taille de la tête, sans générer d’inconfort. Bien mis en place, il ne gêne aucunement la bête, et les études en cours ne semblent montrer aucun impact négatif en matière de bien-être animal.

 

Le dispositif peut rester en place de manière ininterrompue et fonctionner pour une période de quatre ans, sans avoir besoin d’aucune recharge. Une petite cellule solaire photovoltaïque et un générateur thermoélectrique le rechargent automatiquement. Zelp et Cargill s’engagent au recyclage des licols, dont la majeure partie des composants sont réutilisables ou valorisables.

En plus de sa capacité à piéger et oxyder le méthane, le dispositif peut collecter des données pour améliorer les conditions d’élevage, de la même manière qu’un collier d’activité.

L’Europe occidentale en ligne de mire

L’accord signé entre la jeune pousse anglaise et le géant américain porte sur l’exclusivité de la distribution de ce licol en Europe occidentale. D’importants efforts sont menés sur le Vieux Continent pour décarboner la société et le développement du marché du carbone dans le monde agricole représente une opportunité pour déployer cette nouvelle technologie.

 

Certains médias ont avancé le prix de 80 dollars (soit 65 euros) par animal et par an pour cet outil. Cargill ne confirme pas cette information. Le tarif n’aurait à l’heure actuelle pas encore été fixé. La collaboration entre les deux entreprises en est à ses débuts, et le modèle économique est encore en cours d’étude.