Les petits projets de méthanisation engendrent moins de nuisances pour les riverains que les gros. L’entreprise néerlandaise Greenmac part de ce constat et propose une solution de micro-épuration de biogaz pour développer l’injection par des petites installations. Le biogaz produit dans le digesteur est impropre à l’injection dans le réseau gazier car il contient une part importante de CO2 (comprise généralement entre 30 et 50 %).

 

Ce biogaz doit donc être épuré. L’investissement nécessaire pour un système d’épuration dissuade généralement d’envisager une unité avec une capacité inférieure à 100 normo mètres cubes par heure (Nm³/h) de biométhane. Le système Bio-Up, proposé par Greenmac, est conçu pour les installations de taille plus modeste.

Lavage aux amines

Ce dispositif repose sur la technologie de lavage aux amines, qui existe depuis vingt ans sur des plus grosses capacités. « Cette technique est bien développée en Allemagne, en Scandinavie et aux Pays-Bas, explique la responsable commerciale Lia De Jong. Mais elle ne représente que 2 % des sys­tèmes d’épuration en France. »

 

Les unités utilisant le lavage aux amines comportent deux cylindres qui surplombent l’épurateur. La première est la colonne d’ab­sorption du dioxyde de carbone (CO2). Un souffleur y fait cir­culer le biogaz, préalablement désulfuré grâce un filtre à charbon actif. Le gaz circule de bas en haut dans cette colonne, tandis qu’un fluide à base d’amines, appelé Cooab, « douche » le gaz, en sens opposé. Une réaction chimique fixe le CO2 sur le Cooab.

 

Le biométhane est ensuite séché avant d’être contrôlé, odorisé et injecté dans le réseau. Le fluide aminique chargé est alors chauffé à haute température et envoyé dans la colonne de stripping, aussi appelée stripper. Sous l’effet de la chaleur, le Cooab se régénère, c’est-à-dire que le CO2 est libéré. Ce dernier est généralement rejeté dans l’air extérieur, mais il peut aussi être récupéré pour être valorisé. Un double échangeur de chaleur est situé entre les deux colonnes, au croisement des Cooab chargés et régénérés pour améliorer le processus.

 

Le rendement de la technique de lavage aux amines est intéressant. La part résiduelle de dioxyde de carbone est inférieure à 1 %, tandis qu’elles varient entre 1 et 3 % pour les autres procédés. Les pertes de méthane comprises sont, quant à elles, inférieures à 0,1 % (0,5 à 3 % pour les autres techniques).

 

De plus, le système fonctionne à basse pression et consomme peu d’électricité. La chaleur nécessaire pour régénérer le Cooab, principal poste de consommation énergétique, peut être réutilisée (lire l’encadré).

Conçu pour petites capacités

Développée par Greenmac en 2001, la technique est proposée par plusieurs fabricants. Son développement à petite échelle est récent. Le lavage aux amines était jusqu’ici plutôt réservé aux très grosses unités dépassant les 200 Nm³/h. Elle est généralement plus chère que son homologue membranaire sur les projets de taille moyenne, mais Bio-Up est pensé pour les petites installations, pour lesquelles l’injection n’est pas rentable aujourd’hui.

 

Le facteur limitant la capacité est la quantité de CO2 à filtrer. Elle plafonne à 28 Nm³/h. Selon les intrants et la composition du biogaz brut, la capacité d’injection de biométhane serait ainsi comprise entre 25 et 40 Nm³/h. Un modèle de plus grande capacité est envisagé. Pensé pour les petits projets, ce système est directement destiné à la méthanisation agricole. Sa capacité à favoriser l’acceptabilité de la filière a été mise en avant et Bio-Up a été récompensé d’un Inel d’or dans la catégorie « Sociétal ».