Une douleur par-ci, une douleur par-là. À force de répéter les mêmes gestes deux fois par jour depuis plus de vingt ans, Norbert Brun, 43 ans, se rendait compte que ses épaules fatiguaient. « Au bout d’une heure de traite, ça commençait à tirer. C’est pour ça que je me suis intéressé à l’exo­squelette. »

 

Associé en Gaec à Saint-Germain-des-Prés, dans le Maine-et-Loire, Norbert Brun a fait appel à l’entreprise Godin Frères de La Pommeraye, dans le même département. Spécialisée dans le matériel d’élevage, elle commercialise un dispositif d’assistance aux travaux des bras en hauteur : le Skelex 360, fabriqué à Carquefou (Loire-Atlantique) par Gobio.

Prêt en moins d’une minute

« Il s’agit d’un exosquelette passif — sans moteur donc — qui pèse 2,7 kg et dont la force d’assistance peut se régler de 0,4 à 4 kg », précise Armand Briand, technico-commercial (Godin Élevage). Dans le principe, pour créer la force, on tend le câble en fonction du poids du bras de l’utilisateur, de l’objet qu’il a en main et de ce qu’il fait. « Pour tenir un gobelet de trempage ou une griffe, la tension n’a pas besoin d’être très élevée, autour de 2 kg. »

 

Au quotidien, « installer l’exosquelette c’est comme mettre un sac à dos », relève Norbert Brun. Lui l’endosse dès qu’il entre dans la salle de traite. « Le harnais comporte trois sangles : une au niveau de la ceinture abdominale, une à hauteur du torse, la dernière aux bras. Ça me prend moins d’une minute pour les boucler. » Réglables, les sangles sont balisées par des chiffres repères. « C’est intéressant dans les exploitations où plusieurs personnes traient. Chacun peut mémoriser ses chiffres, ça évite de perdre du temps quand on le reprend. »

Pas de gêne pour bouger et se déplacer

Une fois équipé, l’éleveur travaille comme il en a l’habitude. Il démarre les postes de traite, dépose les griffes, ouvre les barrières, va chercher les vaches, pose les gobelets, etc. Le tout sans être gêné.

 

« L’exosquelette n’est pas encombrant. J’emprunte les passages d’homme normalement et j’arrive toujours à me glisser entre la barrière et le poteau qui se trouvent au niveau des portillons arrière », observe-t-il.

 

Seul bémol : le nettoyage des quais, tout particulièrement le raclage des bouses. « Jusqu’au début de novembre, j’enlevais l’exosquelette pour le faire. Avec, je n’arrivais pas à travailler de biais et à pousser correctement le rabot. Le fabricant est venu faire de nouveaux réglages ; maintenant, c’est bon. »

Moins de douleurs

À l’usage, Norbert Brun constate qu’il travaille au même rythme, sans être ralenti. L’installation de traite est une 2 x 10 postes. Pour une moyenne de 110 vaches laitières en production, « je passe 1h20 à la traite le matin et 1h15 le soir. Ça n’a pas changé. »

 

Premier éleveur équipé dans le Maine-et-Loire, Norbert Brun a investi près de 4 000 € dans l’achat du Skelex 360. « C’est cher, juge-t-il, mais je le prends comme un outil de prévention. Depuis que je l’utilise, j’ai moins mal aux épaules. C’est un fait et je regrette presque de ne pas y être venu plus tôt. »