« Utiliser un outil adapté à la culture du tournesol nous permet de faire face aux problématiques qui y sont liées pendant la récolte », expliquent Patrice et Francis Ballerini, agriculteurs dans le Gers, moissonnant près de 500 hectares de cette culture. Cette barre de coupe Moresil GB de 9 mètres s’est avérée plus appropriée à leurs conditions de travail qu’une adaptation. L’outil est plus léger qu’une barre de coupe à céréales associée à un équipement tournesol composé de sabres et de boucliers de rabatteurs. « Les barres de coupe à céréales de grande largeur sont lourdes. Y rajouter l’accessoire tournesol force trop sur la machine et complique les manœuvres dans les coteaux et les petites parcelles », précisent les agriculteurs.

 

Francis et Patrice Ballerini, accompagnés de leur employé Adrien Conzato (de gauche à droite), en sont à leur troisième génération de coupe à tournesol. © L. Coassin
Francis et Patrice Ballerini, accompagnés de leur employé Adrien Conzato (de gauche à droite), en sont à leur troisième génération de coupe à tournesol. © L. Coassin

 

Un attelage rapide et un pilotage classique

La mise en œuvre de l’organe ne diffère pas de celle d’une tête de récolte classique. La coupe est composée de sabres fins, répartis sur les 9 mètres de large, d’une lame de section, de rabatteurs à tournesol, d’une vis d’alimentation et d’un broyeur. La tête de récolte s’attelle facilement, à l’instar d’une coupe standard, et les commandes de hauteur, d’inclinaison et des rabatteurs sont également les mêmes. Aucune modification n’est donc nécessaire sur la moissonneuse-batteuse. Les protagonistes expliquent ainsi gagner du temps pour passer d’une culture à l’autre, puisqu’ils n’ont qu’à changer de coupe, plutôt que d’installer et désinstaller les accessoires.

 

La hauteur du broyeur est indiquée par une réglette à code couleur visible depuis la cabine. Une sécurité informe le chauffeur lorsque l’élément est trop près du sol. © L. Coassin
La hauteur du broyeur est indiquée par une réglette à code couleur visible depuis la cabine. Une sécurité informe le chauffeur lorsque l’élément est trop près du sol. © L. Coassin

La finesse des sabres et la conception des rabatteurs font que la culture est bien répartie sur toute la largeur et ne rebascule pas. « Ce flux de matière constant limite grandement le risque de bourrages, même en présence de pieds plus humides, précisent-ils. Ceci nous permet d’avoir un débit de chantier élevé, sans prendre le risque de devoir débourrer la machine. » De plus, dans le cas où la culture a subi une verse, cette tête de récolte se montre plus à l’aise que les adaptations.

 

 

Le broyage des cannes au passage de la moissonneuse permet aux agriculteurs d’éviter une intervention supplémentaire au champ. © L. Coassin
Le broyage des cannes au passage de la moissonneuse permet aux agriculteurs d’éviter une intervention supplémentaire au champ. © L. Coassin

 

 

 

L’atout du broyeur pour la gestion des cannes

Mais ce qui a séduit le plus Patrice et son père, c’est la possibilité d’ajouter un broyeur sous coupe. « En broyant les cannes au passage de la moissonneuse, nous économisons un passage de tracteur, ou même un déchaumage », expliquent-ils. Cet élément, réparti en deux lamiers de broyage pour couvrir les 9 mètres, est positionné sous la tête de récolte et entraîné par chaîne. La transmission est isolée de l’extérieur par des carters, pour empêcher la poussière de pénétrer. Des sabots de sécurité sont positionnés de telle sorte que les lames ne touchent pas le sol et une sécurité prévient le chauffeur s’il travaille trop bas. Le réglage de la hauteur s’effectue depuis le joystick en cabine et une réglette indique la position au conducteur. Son entretien est plutôt simple, puisque les agriculteurs ne changent presque jamais les couteaux et ne graissent les paliers qu’une fois par an.

Les deux lamiers de broyage ne nécessitent que très peu d’entretien. Les agriculteurs ne changent jamais les lames et le graissage ne se fait qu’une fois par an. © L. Coassin
Les deux lamiers de broyage ne nécessitent que très peu d’entretien. Les agriculteurs ne changent jamais les lames et le graissage ne se fait qu’une fois par an. © L. Coassin

Bien que cette tête de récolte ne soit utilisable que sur le tournesol et représente un investissement supplémentaire pour Patrice et Francis Ballerini, ses atouts les ont convaincus. « C’est la troisième génération de ce type d’outil à la ferme. Le temps gagné à la mise en route et avec le broyage sous coupe constitue un argument solide », confient-ils. Loris Coassin

La finesse des sabres et les dimensions des rabatteurs emmènent un flux constant de matière vers le convoyeur, ce qui limite les bourrages. © L. Coassin
La finesse des sabres et les dimensions des rabatteurs emmènent un flux constant de matière vers le convoyeur, ce qui limite les bourrages. © L. Coassin