La détection des problèmes d’aplombs et de boiteries par l’analyse d’images 3D est une technique qui est encore au stade expérimental, notamment en raison du coût très élevé des caméras. John Gardenier, un jeune chercheur australien de l’université de Sydney, en Australie, a mis au point une solution économique qui se révèle plus performante que la notation manuelle. Cette dernière, qui implique de placer régulièrement un vacher en sortie de salle de traite pour observer et noter la posture et le déplacement de chaque animal, est une pratique courante dans les grands troupeaux australiens et néo-zélandais.

Quatre caméras Kinect

L’idée du scientifique est de reprendre le principe de la notation par observation du déplacement mais de confier cette tâche à des caméras. Pour maintenir un prix bas, il a opté pour les modèles 3D Kinect, de Microsoft. Il s’agit de celles qui sont employées sur la console de jeux Xbox et qui permettent de jouer sans manette, en analysant les mouvements du corps. Ces appareils fournissent des images en profondeur.

Toutes les caméras sont installées en sortie de salle de traite. John Gardenier a monté deux Kinect au-dessus du couloir de retour en stabulation pour enregistrer les mouvements de la tête, de la colonne vertébrale ainsi que des hanches. Deux autres sont placées à hauteur de genou de façon à analyser le mouvement des pattes.

Intelligence artificielle

Pour passer des images 3D au diagnostic de la boiterie, le jeune chercheur a fait appel à l’intelligence artificielle. Mais comme toujours avec cette technologie, cela implique une phase d’apprentissage avant que l’ordinateur puisse apprendre seul. Il a ainsi entraîné le logiciel à se concentrer sur des points précis tels que les sabots, les joints carpiens et tarsiens, la hanche, le sommet du crâne et lui a fourni des milliers d’images de positions normales et anormales. L’ordinateur compile aussi des données telles que le temps pour traverser le couloir, la longueur du pas et le placement des sabots.

Le système est, pour le moment, en test sur un troupeau de 3 000 vaches laitières. Une caméra Kinect neuve coûte autour de 140 euros. En ajoutant le logiciel et l’intelligence artificielle, John Gardenier pense être en mesure de proposer la solution complète pour moins de 6 000 euros.

Corinne Le Gall