«Nous sommes arrivés au terme de quatre années de recherche et développement qui nous ont permis de valider un système de micro-méthanisation modulaire fiable et rentable à l’échelle d’une exploitation agricole », explique Thierry Véronèse, directeur scientifique d’Ovalie Innovation. L’entreprise a travaillé avec ADG (Ateliers des Graves), une PME toulousaine spécialisée dans la création d’outils industriels sur mesure. Son dispositif MCube se compose d’une bâche qui se pose sur la fosse à lisier et de deux « cubes », l’un pour la gestion des intrants et les éléments de process, l’autre pour la cogénération (électricité, chaleur).

Un service fourniclés en main

« Ce dispositif a été très rapidement installé­ chez Aurélien Loumagne, détaille Julien Of, président d’ADG. Le service est fourni clés en main et nous assurons la maintenance. »

Innovant, le modèle économique proposé par Ovalie Innovation passe par le portage des investissements et l’exploitation par une société. L’agriculteur n’a rien à débourser et perçoit un revenu sécurisé en contrepartie de la mise à disposition­ de son site et du lisier. Il n’intervient que très peu sur l’unité, car celle-ci est entièrement télésurveillée.

Aujourd’hui, l’électricité est achetée 22 cents/kwh et le gaz 9 cents/kWh.

Trente foyers chauffés

Une exploitation produisant de 1 000 à 2 000 m3 de lisier, comme celle d’Aurélien Loumagne, qui gave 20 000 canards par an, génère de 10 à 25 kW électriques (kWe) en cogénération. Si l’on ajoute dans la fosse 15 % de matières végétales, on obtient 36 kWe, soit 280 MWh par an, ce qui équivaut au chauffage annuel de trente foyers. La cogénération produit aussi de la chaleur, parfois utilisée pour le bien-être des animaux ou un atelier de transformation à la ferme. Enfin, le biométhane peut être injecté dans le réseau de gaz, si celui-ci passe à proximité.

Outre le fait qu’elle rende les effluents d’élevage inodores, la micro-méthanisation supprime les problèmes sanitaires et la pollution liés au déplacement du lisier. Elle réduit aussi les gaz à effet de serre, car il n’y a plus de dégagement spontané de méthane.

Florence Jacquemoud