Jusqu’à présent, l’hydrogène (H2) était la seule alternative pour stocker en grande quantité l’électricité produite sur l’exploitation. Néanmoins, cette pratique peine à se démocratiser puisque l’hydrogène est inflammable, explosif et surtout doit être conservé à une pression très élevée (entre 200 et 900 bars), ce qui rend la mise en place d’un stockage sur l’exploitation quasi impossible. Une start-up néerlandaise fondée par des chercheurs en chimie et en thermodynamique pense avoir trouvé une alternative : l’acide formique. Cette molécule (HCO2H) est obtenue en combinant de l’eau (H20) et du dioxyde de carbone (CO2) naturellement présent dans l’air.

Deux étapes de conversion

L’idée des ingénieurs de DENS est d’utiliser l’énergie de l’électricité produite sur l’exploitation pour créer l’acide formique. Ce gaz, qui est ni explosif, ni inflammable et peut être conservé à la pression atmosphérique, peut alors est stocké sur l’exploitation. Deux étapes sont ensuite nécessaires pour que cet acide formique alimente le tracteur ou l’automoteur en électricité. Jusqu’avant son utilisation, il doit d’abord être séparé en hydrogène et en CO2 au moyen d’un convertisseur. L’hydrogène est récupéré et utilisé pour alimenter les piles à combustible du tracteur. Ce dernier se comporte comme un tracteur à hydrogène classique.

Un cercle vertueux

DENS a déjà testé cette technique sur une petite voiture de sport et un bus. La prochaine étape sera l’application agricole. Afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre provoquées par la transformation de l’acide formique en hydrogène et CO2, DENS souhaite développer une solution de récupération du CO2 pour le réutiliser dans la production de l’acide formique. L’objectif est de créer un cercle vertueux « zéro émission ». La mise en place de cette étape est indispensable pour assurer la viabilité économique du projet puisque pour le moment, l’acide formique, qui est employé dans l’industrie agroalimentaire et dans les tanneries, est plus cher que le gazole.