Traire les 200 vaches du troupeau, en grande partie de race normande, à deux personnes en une heure et quart. C’est le pari remporté par Mikael Leplu, Gaëtan Maillard et Olivier Perrée, du Gaec des 4 saisons à Jullouville, dans la Manche, avec leur carrousel de traite de 40 places qu’ils ont mis en service au printemps de 2017. Robot de post-trempage, chien mécanique couplé à l’avancement du manège, système de double tour… Cette productivité du travail a été rendue possible par l’investissement dans de nombreux automatismes tout le long de la chaîne de traite. Si bien que seules la préparation de la mamelle, la pose des griffes et la surveillance sont réalisées par les deux trayeurs. Le trempage de post-traite est, quant à lui, confié à un robot de lavage SR1, qui détecte le pis de la vache et pulvérise la solution nettoyante avant la sortie. Le système de traite par l’extérieur du roto rend l’installation plus compacte et aussi plus évolutive, mais il complique la tâche du post-trempage. Sans robot de lavage, les éleveurs auraient dû affecter une personne à temps plein à cette tâche, qui n’exige pourtant pas une disponibilité à 100 %.

Chien mécanique couplé

Le roto réalise environ cinq tours à l’heure. Le temps optimal de traite visé est de 6 à 7 minutes. Un tour complet de roto est effectué en environ 12 minutes. Les vaches sont identifiées à l’entrée par leur collier, muni d’un capteur de mouvement, qui détecte les chaleurs et l’activité alimentaire. Les éleveurs sont également équipés de compteurs à lait individuels. « Nous avons ainsi tous les renseignements que propose un robot. Il manque seulement les analyses individuelles sur la qualité du lait », souligne Olivier Perrée. Pour réduire les coûts, le parc d’attente a été installé dans le couloir de raclage d’une aile complète de la stabulation. Les éleveurs font passer leur troupeau en deux lots minimum. C’est un système de barrière escamotable, qui isole en se rabaissant le lot de vaches à traire dans le parc. La porte, couplée au manège de traite, se déplace automatiquement en fonction de l’avancement de ce dernier.

Une vache qui n’aurait pas fini sa traite en fin de manège est détectée par le système, qui laisse tomber automatiquement une barre de sécurité et l’entrave pour un deuxième tour. La commande du double tour est aussi disponible manuellement, via l’écran tactile. En sortie de roto, la porte identifie la vache une nouvelle fois. Elle est alors redirigée automatiquement vers l’une des trois sorties disponible, en fonction de l’allotement voulu ou des programmes de soins par pédiluve.

Le montant investi n’est sans doute pas si éloigné de ce qu’il aurait été pour un robot de traite. Les éleveurs ont choisi le manège pour sa souplesse en cas d’augmentation du cheptel et ses frais de maintenance réduits. Afin d’écraser dès le départ les frais fixes liés à cet investissement, « nous avons attendu d’avoir les capacités de production de lait suffisantes. Ce choix a nécessité pendant un an de continuer à travailler avec une salle de traite 2×8 et des temps de traite quotidiens de deux fois trois heures », souffle Olivier.

Récemment, les éleveurs ont investi dans la distribution programmée des concentrés au roto, couplée au système d’identification par collier. Aujourd’hui, l’installation n’est plus qu’à un pas de la robotisation complète. Les éleveurs ont, d’ailleurs, volontairement laissé de la place pour réaliser un jour cette évolution.