Pour alimenter sa gamme de produits de charcuterie « Sans antibiotiques dès la naissance » commercialisée par Brocéliande, la Cooperl a besoin d’une traçabilité fine des porcelets depuis leur premier jour de vie. Pourquoi ? Pour faire le tri entre ceux qui ont reçu des traitements et ceux n’en ayant jamais eu. Pour cela, les élevages sélectionnés équipent tous leurs porcelets d’une puce RFID à l’oreille dès la naissance, jusqu’à l’abattage. « Une première mondiale », se félicite la coopérative.

 

« Des informations à l’individu sont désormais possibles », souligne Anne Lacoste, responsable en R&D à la Cooperl. La puce est couplée à une appli qui permet de renseigner tous les événements du porcelet : sa mère, sa date de naissance, s’il a été mis à l’adoption, dans quelle salle, quels traitements il a reçus… En ajoutant une antenne sur l’abreuvoir, on peut aussi savoir s’il est allé boire.

Gestion fine du cheptel

L’outil peut aussi générer des alertes, ou donner des informations pour la gestion du cheptel. « Par exemple, l’éleveur peut décider de réformer une truie en se basant sur le nombre de petits écrasés, mais aussi combien de kilos de viande/truie, et combien de kilos sans antibiotiques/truie auront été produits… détaille Anne Lacoste. Nous avons aussi testé des accéléromètres, pour savoir si les porcelets sont allés boire, s’ils ont mangé en dernier, s’ils sont prostrés… »

 

Les informations saisies par les éleveurs remontent à la Cooperl afin de lui permettre de gérer ses flux de porcelets « sans antibiotiques », mais aussi au vétérinaire et au technicien qui suivent l’élevage. La Cooperl travaille sur cet outil depuis un an et demi. Il a fallu mettre au point des boucles qui tiennent tout au long de la vie de l’animal (l’un des modèles se récupère à l’abattoir pour être réutilisé), trouver les antennes adéquates et un système de lecture des boucles à l’abattoir pour orienter correctement les carcasses sans erreur malgré la cadence des chaînes.

« Ce suivi au porcelet est indispensable »

« Cela a un coût, mais va dans le sens de l’histoire. Pour produire un porc sans antibiotique dès la naissance, ce suivi au porcelet est indispensable. Le développement de cet outil a été pris en charge par la Cooperl. Le suivi est gratuit aujourd’hui, mais il faudra demain accompagner son financement. »

 

Actuellement, ils sont 50 producteurs à être entrés dans cette gamme « sans antibiotiques dès la naissance », pour une plus-value d’environ 15 % sur le prix du porc. Avec succès : près de 80 % des porcs issus de ces élevages arrivent à l’abattoir sans avoir jamais consommé un seul gramme d’antibiotique.

 

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La gamme Brocéliande « Sans antibiotiques depuis la naissance » a été lancée à l’occasion du Salon de l’agriculture.