Confronté à des problèmes de mammites dans son troupeau d’une centaine de chèvres, Cory Spencer, éleveur au Canada et ancien développeur de logiciels, a voulu trouver un moyen pour juguler l’infection avant même qu’elle ne se déclare. Il lance l’entreprise EIO Diagnostics. Ainsi naît un nouveau système de détection précoce des mammites, utilisable sur les vaches comme sur les chèvres.

 

Deux modules voient alors le jour : un appareil portatif, de type tablette, ou un boîtier monté en salle de traite, qui relaie les images sur un écran d’ordinateur. Le dispositif est capable également de s’intégrer aux robots DeLaval VMS ou Lely Astronaut, ainsi qu’aux distributeurs automatiques de concentrés, en exploitant les systèmes d’identification des animaux. Les alertes sont transmises à l’éleveur par courriel ou SMS, et les données se mettent à jour sur un tableau de bord basé sur un serveur de stockage.

La chaleur comme indicateur

Installé à hauteur de mamelle, le système scanne directement les quartiers. Grâce à une technique connue sous le nom d’imagerie multispectrale, il détecte les anomalies de la mamelle, même les cas considérés comme subcliniques. Comment ? En repérant les zones de chaleur, signe probable d’une infection, et suivant des algorithmes.

 

Chaque mesure est transmise à l’entreprise EIO Diagnostics, qui combine toutes les données des exploitations pour améliorer la fiabilité des résultats. Contrairement aux autres méthodes, telle que l’électroconductivité du lait, le système n’a pas besoin que l’infection soit déclarée pour la détecter. Le scanner fonctionne également sur les animaux taris ou prêts à vêler.

Des tests encore en déploiement

Testé dans plusieurs exploitations caprines et bovines de Colombie-Britannique, le système de diagnostic EIO devrait se déployer en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, afin d’affiner les essais sur le terrain. Il est également prévu qu’EIO travaille en partenariat avec un programme universitaire, pour souligner la corrélation entre détection des températures sur la mamelle et les résultats des tests pathogènes réels.

 

Du côté des tarifs, EIO préfère proposer un service plutôt que de vendre ses produits. Le matériel, les logiciels, les mises à jour et la maintenance sont gérés par l’entreprise au prix fixe de 3 $ par mois et par animal (soit environ 1,97 €) pour les chèvres et 5 $ (environ 3,28 €) pour les vaches.