«La mise en place de la méthanisation sur le site de la ferme a dégagé une perspective pour les rangs mâles de maïs. Ils sont désormais ensilés et alimentent le méthaniseur, alors qu’ils étaient simplement broyés auparavant », nous confie Jim Jastszebski, propriétaire de l’exploitation.

Le Domaine Saint Jean couvre 1 600 ha de SAU, dont 720 sont dédiés à la culture du maïs semence. « Un autre avantage est d’éviter de traiter les repousses laissées sur la parcelle », commente Rémy Damont, un des chefs de cultures.

Fruit d’une alliance

Une ensileuse unique en son genre a vu le jour, grâce à la collaboration d’un constructeur (Brochard), d’un concessionnaire (Ballanger) et de Jim Jastszebski et de son équipe de 40 employés permanents. Le Domaine Saint Jean a confié la mission d’élaboration du cahier des charges de la machine et de sa création à Rémy Damont. Brochard s’est occupé de la trémie. Le concessionnaire a mis à disposition des mécaniciens spécialisés en hydraulique.

Assemblage inédit

La machine a été créée sur le châssis d’un pulvérisateur Hardi Saritor. Tous les éléments de pulvérisation et les cuves ont été retirés. Le châssis est à voie variable hydraulique pour être moins large sur la route ou pour s’adapter à différentes configurations de semis, 4 ou 6 rangées de maïs femelles. La trémie de 35 m3 est élévatrice jusqu’à 4,70 mètres de hauteur, et à fond poussant, afin de vider dans une remorque de tracteur.

À l’avant de la cabine, la machine est équipée de deux becs cueilleurs rotatifs de la marque portugaise Herculano, disposant d’une goulotte chacun. Le réglage de la hauteur et de l’écartement entre les becs est indépendant. Une des deux pompes hydrauliques, autrefois dédiée à l’avancement, est destinée au réglage de la voie, de l’alimentation de la trémie et de l’orientation des goulottes.

Deux pompes hydrauliques supplémentaires ont été ajoutées. Elles ont chacune en charge l’entraînement et le positionnement d’un des deux becs rotatifs. Afin de subvenir aux besoins des deux nouvelles pompes, un réservoir d’huile hydraulique a été ajouté et un circuit de refroidissement supplémentaire a été mis en place. Le moteur est passé de 270 à 330 ch, afin de disposer de suffisamment de puissance pour entraîner le nouveau mécanisme.

Un prototype perfectible

L’ensileuse fonctionne depuis trois ans, mais cela n’en fait pas une machine parfaite. En effet, comme le confie Rémy Damont, « il ne s’agit là que d’un prototype non commercialisable. Certains systèmes pourraient être simplifiés et l’hydraulique amélioré et réagencé pour que la machine soit totalement fonctionnelle. » Les 600 mètres de tuyaux qui la composent en sont un exemple. En outre, certaines parties du châssis de la machine se déforment sous l’effet du poids et les contraintes non habituelles qui leur sont infligées.