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Des nouvelles technologies au service des élèves

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Technicité « Le métier d’éleveur laitier est une fonction à haut niveau de technicité et de maîtrise », assure Marc Janvier, directeur, accompagné ici de Sébastien Tanguy et Claude Le Hervé (de dr. à g.) © i. lejas

Dans les Côtes-d’Armor, l’exploitation laitière du Lycée de Pommerit a été entièrement automatisée en 2015 pour mettre à jour l’outil pédagogique.

Robot de traite, robot d’alimentation, robot racleur… L’atelier laitier du lycée Pommerit-Jaudy (Côtes-d’Armor) est un concentré de technologies. En 2015, il se dit même que « c’était la ferme la plus robotisée de France. » « Notre volonté était de proposer aux élèves des outils innovants, explique Marc Janvier, le directeur du lycée qui compte 900 élèves du CAP au BTS. En tant qu’établissement de formation, notre exploitation a vocation à être un instrument pédagogique. Il doit être une référence. Ce n’était plus le cas avec une étable et une salle de traite datant de 1990 arrivées à bout de souffle. »

Vitrine professionnelle

Le pôle laitier a entièrement été pensé pour que les élèves puissent apprendre dans les meilleures conditions. Le robot a été choisi car il est doté d’un outil complémentaire d’analyse du lait, un véritable laboratoire qui est une source de collecte de données importante (santé animale, état physiologique, dosage du lait…). Les espaces de tri et d’isolement des animaux ont été étudiés pour permettre l’observation par un groupe. Une mezzanine entourée d’un couloir surplombe la stabulation, permettant une vue d’ensemble du bâtiment. Elle accueille une salle de travail informatisée. « Nous avons fait des choix en termes de confort pour l’éleveur, mais également de bien-être animal », précise Claude Le Hervé, enseignant.

Le bâtiment est très lumineux, la circulation des hommes et des animaux a été étudiée, la ventilation est naturelle, les logettes et caillebottis sont équipés de tapis. Luminothérapie, diffuseur d’huiles essentielles (contre les parasites) et brosse de massage complètent les équipements. Les vaches pâturent 365 jours par an. « Nos élèves, ce sont aussi 900 paires d’yeux qui observent, dont les deux tiers ne sont pas issus du milieu agricole. Il est important qu’ils aient un bon ressenti », affirme Claude Le Hervé. L’organisation du travail a été le fil conducteur de la réflexion. Grâce aux technologies, l’astreinte peut être assouplie. Tous ces choix ont été validés par un groupe de travail regroupant le directeur, les enseignants et les salariés de l’exploitation. Ils se sont appuyés sur des experts, référents d’entreprises partenaires (équipements, alimentation, vétérinaire…).

Pédagogiquement, c’est un levier supplémentaire de motivation, car on sait que les jeunes sont naturellement attirés par les nouvelles technologies. Chez les élèves, cela suscite de la curiosité et une certaine fierté en renvoyant une image de modernité du lycée. En se dégageant des tâches répétitives, le formateur consacre aussi plus de temps au « faire faire » par rapport à l’astreinte de la traite auparavant.

Les investissements représentent 1 million d’euros. Le lycée a bénéficié d’une subvention du conseil régional (300 000 €) dans le cadre de l’accompagnement à la rénovation des exploitations des lycées agricoles. Un coût élevé car les équipements sont surdimensionnés par rapport à la structure, mais il s’agit d’un outil de production dont la productivité a été améliorée.

C’est aussi une vitrine professionnelle avec de nombreux visiteurs étrangers, de groupes d’éleveurs, de maîtres de stages étrangers, de stagiaires de tous pays… Une vitrine qui contribue au renforcement de l’attractivité du lycée.

Isabelle Lejas
Atelier laitier

60 vaches prim’holsteins.

Production : 600 000 litres.

SAU : 65 ha.

Valorisation pédagogique des outils

Les enseignants, en binôme avec le responsable de l’atelier, privilégient deux axes de travail :

le geste professionnel et sa maîtrise notamment pour les filières professionnelles (bac pro, CAP) ;

le diagnostic technico-économique.

Tous les documents techniques obtenus grâce aux automates sont diffusés aux élèves. Ils servent de support, par exemple pour les BTS Acse. Particulièrement impliqués sur la ferme, les différents partenaires issus du groupe d’experts viennent régulièrement faire des interventions techniques auprès des étudiants.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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