En 2015, le chiffre d’affaires de la filière viande bio atteint 409 millions d’euros. La moitié dépend du bœuf. De la production à la distribution, chaque maillon tend à se développer. Selon l’Agence bio, en 2015, les fermes en agriculture biologique, toutes productions confondues, étaient au nombre de 28 621. C’est 8 % de plus qu’en 2014. Une expansion soutenue par le bond de la consommation, mais aussi par la politique européenne. « L’agriculture est tributaire des aides, précise Jean-François Deglorie, de la commission bio à Interbev. S’il y a eu tant de conversions en 2015, c’est parce que la Pac s’est verdie. » L’autre motivation qui transparaît, c’est le moyen de retrouver des tarifs cohérents, dans un contexte de marché morose. « Nous ne connaissons pas la crise, car nous avons une stabilité des prix et une bonne organisation de notre filière, assure Jean-François Vincent, éleveur de moutons et de porcs dans le centre du pays. Philippe Cabarat, éleveur dans la Nièvre, partage cette analyse. Mais s’il assure que les producteurs bio sont heureux, il admet que la filière doit travailler à l’équilibre entre l’offre et la demande. Car la production ne suffit pas encore à couvrir les besoins, en particulier en filière porcine.