« Je me suis formé à l’arboriculture dans un verger-test au sud de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Cela m’a permis d’avoir une expérience pratique et d’être confronté à la réalité. Le verger était laissé à l’abandon depuis plusieurs années, la taille des arbres a représenté une grosse partie de mon travail. Je m’occupais d’une surface de 2 ha. J’ai apprécié de disposer d’un outil “clé en main”, d’être immergé dans le quotidien du métier, sans prendre des risques financiers importants. J’ai également été épaulé. Un technicien du GRAB (1) est venu à plusieurs reprises m’appuyer et un producteur bio, voisin du lieu-test, a endossé le rôle de “paysan-tuteur”.

Je ne suis resté qu’un an, non pas parce que j’avais l’impression d’avoir tout appris, mais j’avais envie de m’installer. J’avais trouvé les réponses que j’étais venu chercher : l’arboriculture me plaisait. Je me sentais capable de me lancer. Je me suis officiellement installé en mars 2018. Je produis des pommes, des poires et des prunes sur 2 ha, ainsi que des petits fruits rouges. Mon expérience en espace-test m’a permis de me constituer un réseau. Je vends une grande partie de ma production dans des points de vente bio à Clermont-Ferrand.

En parallèle, nous avons commencé à réfléchir à l’avenir de l’exploitation familiale, en polyculture-élevage. Je ne veux pas reprendre la conduite des cultures, je préfère me concentrer sur la valorisation des ateliers que j’ai mis en place. J’ai convaincu mon père de faire de notre ferme un lieu-test, pour accueillir des porteurs de projet intéressés par la culture de céréales et leur valorisation. Nous sommes sur le point d’accueillir un paysan-boulanger, qui souhaitera peut-être s’installer. »

B. Q.

(1) Groupement de recherche en agriculturebiologique.